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26/07/2026

L'automne du patriarche (Gabriel Garcia Marquès)

L'automne du patriarche.jpgDans une île des Caraïbes, un très vieux dictateur n'en finit pas de mourir. Il vit reclus avec sa vieille mère, quelques gardes, un harem, des vaches dont il surveille la traite et quelques poules. Quand sa mère meurt, il en fait une sainte et même la mère de la patrie, ce qui lui permet de liquider toute autre forme de culte. Son pouvoir ne tient que par la violence et la cruauté la plus barbare. Tout opposant est liquidé, toute tentative de révolution est tuée dans l'œuf et pourtant le peuple non seulement ne lui en veut pas, mais en a fait son héros, une sorte de divinité lointaine. Lui-même n'a plus aucun contact avec la réalité vécue par les gens. Il reste cloitré dans son palais dévasté à l'image de sa santé déclinante. Il passe son temps vautré dans son hamac, trousse chaque soir une des prisonnières de son harem et se retire dans sa chambre fermée par trois verrous, trois barres et trois targettes pour dormir à même le sol, la tête sur son bras droit replié. Mais rien ne va plus quand on le déclare mort et ressuscité puis quand son unique épouse et son enfant meurent dévorés par des chiens…

« L'automne du patriarche » est un roman très étrange, écrit comme au fil de la plume, sans chronologie, sans progression narrative, sans ponctuation et avec quantité de répétitions, de retours en arrière ou de projections en avant. Autant dire honnêtement que c'est un véritable pensum et même une épreuve pour arriver à la dernière page. Et en plus du style lourd et imbuvable (il faut être maso ou très snob pour lui trouver quelques qualités littéraires), tout est outré, caricatural et même répugnant dans cette histoire. Le personnage principal, inspiré de dictateurs connus comme Castro, Staline, Tito, Mao ou Ceausescu, est présenté comme un monstre sans cœur, ni tripe, ni morale. Une pure et simple crapule répugnante. Il est d'une cruauté, d'une inhumanité telle que cela frise même le ridicule. De plus, c'est un crétin sans foi ni loi, un imbécile corrompu dont on se demande comment il a pu se maintenir aussi longtemps au pouvoir sans jamais être renversé. Et les personnages secondaires ne valent pas mieux. Ce ne sont également que des caricatures, d'autres abrutis ou dégénérés, des ectoplasmes sans humanité tout aussi inintéressants que leur maître. Ce pavé, ridicule d'outrance et de parodie indigeste, permet néanmoins, par une lecture au second degré voire plus, de donner au pauvre lecteur à réfléchir sur la vieillesse qui est un naufrage même pour les plus puissants, sur le culte de la personnalité, sur la solitude du pouvoir et sur la sottise des masses manipulées.

2,5/5

08:38 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)