17/06/2026
Poèmes pour petits et grands (333)
Toujours et Jamais
Toujours et Jamais étaient toujours ensemble
Ne se quittaient jamais
On les rencontrait
Dans toutes les foires
On les voyait le soir traverser le village
Sur un tandem
Toujours guidait
Jamais pédalait
C’est du moins ce qu’on supposait
Ils avaient tous les deux une jolie casquette
L’une était noire à carreaux blancs
L’autre blanche à carreaux noirs
À cela on aurait pu les reconnaître
Mais ils passaient toujours le soir
Et avec la vitesse
Certains les soupçonnaient
Non sans raison peut-être
D’échanger certains soirs leurs casquettes
Une autre particularité
Aurait dû les distinguer
L’un disait toujours bonjour
L’autre toujours bonsoir
Mais on ne sut jamais
Si c’était Toujours qui disait bonjour
Ou Jamais qui disait bonsoir
Car entre eux ils s’appelaient toujours
Monsieur Albert, Monsieur Octave.
(Paul Vincensini)
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15/06/2026
Pensées plus ou moins correctes (411)
ENVIEUX
« L’homme libre n’est point envieux. Il admet volontiers ce qui est grand et se réjouit que cela puisse exister. »
(Hegel)
EPARGNE
« L’épargne est une magnifique réalité surtout quand nos parents l’ont pratiquée. »
(Oscar Wilde)
EPARGNER
« Si tu veux qu’on t’épargne, épargne aussi les autres. »
(Jean de La Fontaine)
EPEE
« On peut guérir d’un coup d’épée, mais guère d’un coup de langue. »
(Proverbe chinois)
EPIDEMIE
« Nous n’avons eu à subir ni épidémies, ni guerres prolongées, et pourtant les villes sont désertes et les terres stériles. Nous manquons d’hommes parce que nous manquons d’enfants. On aime trop l’argent et le bien-être, pas assez le travail. Par suite, on ne veut plus se marier, ou, si l’on se marie, on tâche de n’avoir pas plus d’un ou deux enfants, afin de les élever dans le luxe et de leur laisser un plus bel héritage. »
(Polybe)
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12/06/2026
Les décroissants (Roman)
Ouvrage disponible version papier et e-book
https://www.thebookedition.com/fr/les-decroissants-p-3853...
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10/06/2026
Les thanatophores (Nouvelle)
Nouvelle extraite du recueil "Dorian Evergreen"
Ouvrage disponible version papier
http://www.thebookedition.com/fr/dorian-evergreen-p-16900...
version ebook
https://www.amazon.fr/DORIAN-EVERGREEN-Bernard-VIALLET-eb...
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07/06/2026
Poèmes pour petits et grands (332)
Être un homme
Être un homme, vois-tu, c’est triompher du doute,
Cet ennemi mortel, frère du désespoir.
C’est marcher jusqu’au bout, ferme et droit sur la route
Qui mène à la vertu, passant par le devoir.
C’est garder le front haut, aux jours de la détresse.
C’est porter sans faiblir, l’âme grande en tout lieu.
C’est nourrir dans son sein la force et la tendresse.
C’est aimer ses parents, sa patrie, son Dieu,
C’est rechercher toujours l’épine avant la rose.
Être grand dans la paix, vaillant dans le combat.
Donner son bras, son sang, à la plus noble cause,
Prier, parler, aimer : être apôtre et soldat !
(Paul Véron)
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05/06/2026
Pensées plus ou moins correctes (410)
ENTHOUSIASME
« Rien de grand ne se fit jamais sans enthousiasme. »
(Emerson)
« L’homme meurt une première fois à l’âge où il perd l’enthousiasme. »
(Honoré de Balzac)
« La plus grande faillite d’un être humain, c’est de perdre son enthousiasme. »
(Proverbe américain)
ENTIER
« Plie et tu resteras entier.
Reste entier et tout viendra à toi. »
(Tao Te King)
ENVIE
« Point de crime plus grand que d’exciter l'envie. »
(Tao Te King)
« Il vaut mieux faire envie que pitié. »
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02/06/2026
Le mammouth m'a tuer (Témoignage)
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30/05/2026
Un enfant sage (Nouvelle)
UN ENFANT SAGE
– J’en peux plus… soupira Birg. C’est trop haut ! Tu vas voir que je vais finir par me casser la figure…
– Encore un tout petit effort, ma chérie, et nous serons arrivés, lui dit Pier en s’accrochant fermement aux branches du vieux lierre recouvrant le mur qu’ils étaient en train d’escalader.
– J’ai le vertige…
– Ne regarde pas vers le sol et tout ira bien, lui conseilla-t-il.
– Je crève de trouille, pleurnicha-t-elle. Je tremble de partout, je n’ai plus de force…
– Ca suffit, tais-toi et continue ! Après tout, ce truc de barge, c’était ton idée…
Le jeune homme encourageait sa compagne du mieux qu’il le pouvait : « Encore un petit effort… Plus qu’un étage… » en se disant que cette expédition imbécile n’était que pure folie. Mais il s’était fait une raison. Depuis qu’il l’avait rencontrée, il n’avait fait que suivre la belle Birg dans sa longue suite d’errances et de délires. La grande bâtisse que les deux jeunes gens investissaient comme de vulgaires rats d’hôtel semblait complètement abandonnée. Pas la moindre lumière aux fenêtres. Le parc était totalement désert. Il devait être vers les deux heures du matin. Il faisait nuit noire. Un ciel couleur d’encre laissait parfois apparaître une lune blafarde entre deux nuages grisâtres. Au loin, un chien hurla. A part ça, pas le moindre signe de vie alentour… Seul un volet battait mollement au dernier étage, celui qu’ils voulaient atteindre. Non sans peine, ils y parvinrent. Pier agrippa la rambarde et appuya sur le montant de la fenêtre qui se laissa ouvrir avec un grincement sinistre. Ils pénétrèrent dans une petite chambre qui leur parut baignée d’un léger halo lumineux.
– On dirait une chambre d’hôtel, remarqua Pier en inspectant les lieux. Tu es sûre que c’est bien ici ?
– J’en suis certaine, affirma la jeune femme. J’entends encore les paroles de l’ange résonner dans ma tête…
– Quel ange ? S’étonna Pier. Tu m’as toujours dit que c’est Gaby qui t’as refilé ce tuyau crevé.
– Laisse tomber… Ca craint ! Cassons-nous ! Cette piaule me fout les jetons… Et puis c’est pas bien ce qu’on va faire…
– Hé, regarde, il est là, ton divin enfant, s’écria le jeune homme en lui montrant la forme d’un nouveau-né endormi dans un petit berceau d’osier placé non loin d’un lit défait. Birg se précipita vers lui en s’écriant : « Mon Dieu, qu’il est mignon, qu’il est adorable ! » Elle le prit délicatement dans ses bras et le berça avec tendresse.
– Bon, ça suffit, maintenant, fit l’autre qui commençait à s’impatienter. La mère peut se pointer. Nous surprendre… Tirons-nous vite fait !
– Attends un peu, mon chéri. Laisse-moi savourer le bonheur d’être mère…
– Tu es complètement dingue, Birg. Passe-moi le môme !
Il lui prit l’enfant des mains et se dirigea vers la fenêtre pensant filer par où il était venu. Une rafale de vent plus violente que les autres fit claquer violemment le volet. Birg voulut pousser un petit cri mais il resta bloqué dans sa gorge. Pierre mit toutes ses forces pour dégager le battant. Rien à faire. Le volet refusait obstinément de s’ouvrir.
– J’y arrive pas, souffla-t-il l’air penaud. J’y comprends rien ! Il a l’air de s’être verrouillé tout seul… C’est plus fort que le roquefort…
– Laisse tomber… Quand le diable s’en mêle, il ne faut surtout pas insister… Filons par la porte…
– Pourvu que le gosse ne se mette pas à hurler…
Ils se retrouvèrent dans un escalier, se crurent un moment perdus et finirent par retrouver le chemin de la sortie dans un dédale de couloirs digne d’un labyrinthe. D’un pas assuré, Birg ouvrait la marche. Quant à l’enfant, il dormait toujours, tranquillement blotti dans les bras de Pier qui le regardait d’un air attendri.
– Il est bien joli, fit-il. Comment veux-tu l’appeler ?
– Sauveur, voyons ! Je te l’ai déjà dit cent fois. L’ange m’a bien détaillé les volontés de ceux d’en haut. Pour que tout s’accomplisse, je dois être la mère d’un Sauveur…
Pier s’interdit de lui répondre qu’elle ne s’appelait pas Marie, que Gabriel n’était pas un ange mais un junkie camé jusqu’aux yeux et surtout qu’il y avait belle lurette qu’elle n’était plus vierge vu le nombre de connards qu’elle accueillait entre ses cuisses pour pouvoir se payer son shoot quotidien. Dans ce bâtiment, tout était blanc et rutilent de propreté. « Ca sent bizarre, remarqua Birg, on dirait qu’on est dans un hôpital… »
– Et pour cause, on est à Saint Luc et Saint Marc, lança Pier.
– Je suis pas sûre qu’on ne fasse pas une énorme c… dit Birg soudain prise de doute.
Pier la regarda. Avec sa courte chevelure blonde, ses yeux verts émeraude et ses traits fins, elle avait toujours cet air à la fois évaporé et décidé qui l’avait tant séduit autrefois. Des voix intérieures dictaient sa conduite. C’est ce qu’elle disait et cela devait être vrai car son doux visage gardait en permanence cet air illuminé et inquiétant des voyantes ou des médiums. Pier l’aimait et l’admirait sans vraiment la comprendre. Elle l’agaçait souvent. Le paranormal n’était pas son élément naturel. Parfois, tout ça allait même jusqu’à lui flanquer la trouille. Surtout quand il la sentait au bord du gouffre, prête à basculer dans la démence.
– Il faut qu’on se casse d’ici vite fait, dit-elle.
Ils se retrouvèrent dehors sans trop savoir comment. « Il ne nous reste plus qu’à aller présenter Sauveur aux trois rois… »
– Qu’est-ce que c’est que ce délire ? Pier sentait l’exaspération l’envahir.
– On va aller chez mes parents, suggéra Birg. Mon père s’appelle Gasp, tu vois le genre ?
– Mais tu m’as toujours dit qu’ils étaient morts il y a cinq ans dans un accident de voiture…
– J’ai également deux oncles, Balt et Melk. Ca fait une paie que je ne les ai pas vus…
– C’est pas les deux dingos qui sont internés en hôpital psychiatrique ?
– Tu n’as rien compris à leur histoire. Ce sont des dissidents injustement internés pour délit d’opinion. La venue de l’enfant va changer toute la donne. Je suis sûre que Sauveur va reconstituer ma famille éclatée en mille morceaux. Il va rassembler tous ses membres dispersés aux quatre vents de la solitude.
– Ce poupon ne va quand même pas ressusciter les morts…
– Silence, homme de peu de foi ! Vous parlez sans savoir, lui lança-t-elle de son air le plus hautain.
Pier ne répliqua pas. Quand elle en était là, il valait mieux attendre que tout se calme dans sa cervelle en ébullition. La rue était vide de toute circulation. Ils marchaient droit devant eux et l’enfant dormait toujours aussi paisiblement.
– Tu sais, lui dit-elle un peu plus tard. Sauveur restera toujours très beau. Il sera l’enfant de l’Amour et de la Sagesse. Ils nous l’ont envoyé pour qu’il accomplisse sa mission, sauver l’Humanité toute entière. Un jour, tous les Grands de ce monde viendront se prosterner à ses pieds… Il sera bien plus important qu’un roi…
– Allons, allons, fit Pier. Pour l’instant, ce n’est qu’un bébé comme un autre. Tu viens de le voler à une pauvre femme et tu voudrais que tout le monde admette qu’il sort de ton ventre…
– Je l’ai conçu d’une manière incompréhensible pour ton petit intellect de marlou dégénéré. Immaculée conception… Pas de sang, pas de sueur, pas de larmes… Propre, nette, pure…
– En tous cas, ça ne nous dit ni où on va, ni comment on va le nourrir, ni où on va le cacher… Pas question de le ramener au squat de la rue des Bons Apôtres, il y a trop de sales mecs là-bas !
– Laisse-toi porter par les évènements. Suis et tais-toi ! Ordonna Birg sur un ton cassant. Cet enfant est à moi ! J’en suis responsable. Je sais ce que je fais. J’ai enregistré toutes les directives de l’Ange et je suis bien décidée à m’y conformer… Toi, tu n’as qu’à obéir et la fermer.
– Pas d’accord ! Lança sèchement Pier. Y’a pas écrit Joseph sur mon front, bordel ! Moi, je n’en ai jamais vraiment voulu de ce gosse. C’était ton idée. Une idée de dingue. Tu ferais mieux de revenir sur terre et d’aller le rendre vite fait à sa mère…
– Mais… tenta Birg sans rien comprendre à cet accès de colère venu d’un garçon aussi doux et aussi docile.
Il lui mit l’enfant dans les bras et lui dit : « Tiens, reprends-le ! Et fais comme tu veux ! Garde-le ou rends-le, je m’en fous ! » Et il la planta là.
– Reviens, cria Birg. Je t’aime Pier Grossman !
Il ne se retourna pas. Au loin, elle entendit le cri d’un coq. Il annonçait le lever du jour. Une aube grise, sale et froide commençait à chasser les ténèbres et les fantasmes de la nuit. Deux autres gallinacés lui répondirent… Birg n’en pouvait plus de marcher dans des rues qui s’éveillaient doucement dans une brume incertaine. Un camion d’éboueurs passa. Elle croisa les premiers travailleurs du petit matin, agents de maintenance, techniciennes de surface, laveurs de carreaux et autres. Personne ne faisait attention à cette drôle de fille qui marchait en tenant un poupon tout contre son sein. Il s’était réveillé et restait toujours aussi sage. Il fixait Birg de son regard d’un bleu très sombre et lui souriait doucement. Comme elle avait plus ou moins tourné en rond, elle se retrouva devant la grande bâtisse du début. Elle aperçut au loin le pavillon avec ses murs couverts de lierre. Elle se demanda comment elle avait pu grimper jusqu’au cinquième étage de cette clinique Saint Luc et Saint Marc. Fallait-il qu’elle soit motivée et que les saletés qu’elle avait ingérées lui aient retiré toute inhibition pour s’être lancée dans pareille aventure. L’endroit lui semblait moins hostile et pourtant rien n’allait comme cela aurait dû. Elle sentait déjà les effets du manque la ravager. Des douleurs, des picotements, une souffrance autant physique que morale. Une impression d’à quoi bon vivre, d’aliénation et d’étrangeté. Et ce bambin, qu’est-ce qu’il faisait là chaudement niché entre ses bras ?
Elle se présenta à l’entrée du second pavillon, celui marqué « Maternité ». Avant de gravir les quatre marches du perron, elle glissa l’enfant sous son pull, ce qui forma une petite bosse au niveau de son ventre. Birg avait l’air d’une femme enceinte de cinq à six mois, guère plus. Elle franchit la porte et, sans se présenter à l’accueil, se lança dans les escaliers. Elle parcourut des couloirs, ouvrit des portes et entra dans des chambres vides ou occupées. Impossible de retrouver l’endroit où elle avait dérobé l’enfant. « Il faut pourtant que j’arrive à le remettre là où je l’ai pris… » Elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Au détour d’un couloir, elle trouva un bureau avec de la lumière. Elle poussa la porte et se retrouva face à deux infirmières. L’une, grande et forte, devait avoir la cinquantaine. Elle donnait quelques instructions à sa collègue plus jeune et plus avenante.
– Excusez-moi, fit Birg. Mais… est-ce que par hasard vous n’auriez pas perdu un nouveau-né pendant la nuit ?
– Je ne crois pas, lui répondit vertement l’infirmière la plus âgée en lui lançant un regard inquisiteur. Ce n’est pas le genre de la maison. Pourquoi nous posez-vous cette question ?
– Parce que cette nuit, vers deux heures, mon compagnon et moi-même nous avons trouvé un bébé abandonné dehors, dans le parc de l’hôpital…
– Etrange, fit l’infirmière, et pas banal. Bon , attendez une minute. Je vérifie… Et elle s’empara du téléphone pour passer quelques coups de fil. Pour rien. Aucun nourrisson ne semblait avoir fait de fugue. Reste à vérifier par une tournée des chambres individuelles. Marie, voulez-vous bien vous en charger ? Ordonna-t-elle à sa jeune collègue.
Celle-ci revint un quart d’heure plus tard. La recherche n’avait rien donné. Chaque mère avait son rejeton. Personne ne manquait à l’appel. « Mais dîtes-moi, demanda-t-elle à Birg, comment était-il physiquement, cet enfant ? »
– Très beau, très mignon, lui répondit-elle. Très calme. La peau très claire et les yeux d’un bleu très profond…
– Bon sang, mais… Non, ce n’est pas possible… Pourvu que…
Et elle se lança dans les escaliers. Birg lui emboîta le pas et parvint nettement distancée à la chambre du cinquième. Elle reconnut immédiatement les lieux. Le berceau était vide et la jeune blonde effondrée pleurait en appelant : « Corentin, Corentin ! Mon bébé… Il a disparu ! Je l’avais juste laissé quelques minutes, le temps d’une urgence… »
– Il n’est plus là, en effet, constata Birg. Mais il ne faut pas pleurer. Nous l’avons retrouvé et je vous le ramène.
La pauvre infirmière la regarda fixement. Elle ne comprenait pas. « Comment est-ce possible ? Où l’avez-vous mis ? »
– Consolez-vous, lui répondit Birg. Le voilà !
D’un geste gracieux, elle souleva son pull et détacha le bébé de son ventre. Mais ce n’était plus tout à fait le bel enfant dont elle était si fière. Tout rabougri, son petit corps semblait un peu fripé et vaguement flétri. « Il a dû un peu manquer d’air là-dessous, admit Birg. Mais il fallait bien que je le cache… Je voulais entrer discrètement… »
– Il est tout cyanosé, je vais l’emmener immédiatement en réanimation, fit l’infirmière.
– Inutile. Il est solide. Il s’en remettra. Voilà, je le couche dans son berceau. Je le borde bien, ce chéri. Vous allez voir, dans quelques minutes, il va reprendre toutes ses belles couleurs…
– Vous en êtes sûre ?
– Certaine. Fais dodo, petit Sauveur…
– Petit Corentin, corrigea l’autre. Son nom c’est Corentin, pas Sauveur…
Les deux jeunes femmes se tenaient de chaque côté du berceau, le buste penché en avant, la tête à se toucher, immobiles, comme deux mères, deux fées, ou deux soeurs. L’enfant ne bougeait pas. Il semblait très sage. Il avait les yeux clos. Sa peau était si blanche qu’elle en devenait bleutée.
– Quel amour ! Fit Birg.
– Chut, fit Marie. Nous allons le réveiller… Laissons-le se reposer… Il a dû avoir si peur !
Nouvelle extraite du recueil "LOLLYBLOG"
Ouvrage disponible version papier et e-book
https://www.amazon.fr/Lollyblog-Nouvelles-Bernard-Viallet...
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27/05/2026
Poèmes pour petits et grands (331)
Tournez, tournez, bons chevaux de bois…
Tournez, tournez, bons chevaux de bois,
Tournez cent tours, tournez mille tours,
Tournez souvent et tournez toujours,
Tournez, tournez au son des hautbois.
L’enfant tout rouge et la mère blanche,
Le gars en noir et la fille en rose,
L’une à la chose et l’autre à la pose,
Chacun se paie un sou de dimanche.
Tournez, tournez, chevaux de leur cœur,
Tandis qu’autour de tous vos tournois
Clignote l’œil du filou sournois,
Tournez au son du piston vainqueur !
C’est étonnant comme ça vous soûle
D’aller ainsi dans ce cirque bête :
Bien dans le ventre et mal dans la tête,
Du mal en masse et du bien en foule.
Tournez au son de l'accordéon,
Du violon, du trombone fous,
Chevaux plus doux que des moutons, doux
Comme un peuple en révolution.
Le vent, fouettant la tente, les verres,
Les zincs et le drapeau tricolore,
Et les jupons, et que sais-je encore ?
Fait un fracas de cinq cents tonnerres.
Tournez, dadas, sans qu’il soit besoin
D’user jamais de nuls éperons
Pour commander à vos galops ronds :
Tournez, tournez, sans espoir de foin.
Et dépêchez, chevaux de leur âme :
Déjà voici que sonne à la soupe
La nuit qui tombe et chasse la troupe
De gais buveurs que leur soif affame.
Tournez, tournez ! Le ciel en velours
D’astres en or se vêt lentement.
L’église tinte un glas tristement.
Tournez au son joyeux des tambours !
(Paul Verlaine)
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25/05/2026
Pensées plus ou moins correctes (410)
ENSEIGNER
« Pour un prof qui veut enseigner, il y a vingt gamins qui ne veulent rien apprendre. »
(Marcel Pagnol)
« On n’enseigne plus rien quand tout le monde ment. »
(Charles Péguy)
« Rien de ce qui vaut la peine d’être su ne peut être enseigné. »
(Oscar Wilde)
« Celui qui le peut agit. Celui qui ne le peut pas enseigne. »
(G.B. Shaw)
« On n’enseigne pas ce que l’on sait, on enseigne ce que l'on est »
(G. Clémenceau)
« Enseigner, c’est apprendre deux fois. »
(Joubert)
« On ne peut rien enseigner à un homme. On ne peut que l’aider à découvrir ce qui est en lui. »
(Galilée)
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