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07/05/2022

Poèmes pour petits et grands (183)

Mallarmé.jpgLe sonneur

 

Cependant que la cloche éveille sa voix claire

À l’air pur et limpide et profond du matin

Et passe sur l’enfant qui jette pour lui plaire

Un angélus parmi la lavande et le thym,

 

Le sonneur effleuré par l’oiseau qu’il éclaire,

Chevauchant tristement en geignant du latin

Sur la pierre qui tend la corde séculaire,

N’entend descendre à lui qu’un tintement lointain.

 

Je suis cet homme. Hélas ! De la nuit désireuse,

J’ai beau tirer le câble à sonner l’Idéal,

De froids péchés s’ébat un plumage féal,

 

Et la voix ne me vient que par bribes et creuse !

Mais, un jour, fatigué d’avoir en vain tiré,

Ô Satan, j’ôterai la pierre et me pendrai.

 

(Stéphane Mallarmé)

09:12 Publié dans Concept | Lien permanent | Commentaires (0)

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