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28/07/2026

L'IA va-t-elle aussi tuer la démocratie (Laurent Alexandre et J.F. Copé)

L'IA.jpgDepuis quelque temps, tout le monde s'intéresse à l'IA. Chacun sent qu'elle va de plus en plus impacter nos vies. Sera-t-elle une révolution aussi déterminante que la découverte du feu ou de la roue, aussi perturbante que l'invention de la machine à vapeur ou du moteur à explosion, aussi enthousiasmante que la conquête spatiale ? Est-il exact que 49% des emplois pourraient disparaître à cause d'elle ? Pourra-t-elle proposer des diagnostics médicaux plus fiables que ceux proposés par les médecins humains ? L'IA arrivera-t-elle en toute logique à nous faire tous basculer dans un totalitarisme neuro-technologique ? Alimentera-t-elle le rejet des élites, le complotisme et la contestation des experts et des « sachants ». Va-t-elle encore plus attiser le populisme ? Notre avenir sera-t-il fait de QRcodes, de pass en tous genres, d'identité numérique, de disparition de l'argent liquide ? Quid du contrôle social à la chinoise ou autre ? Quid de la liberté d'expression avec ces accumulations de datas et ces possibilités techniques de flicage de plus en plus efficace ? (fermeture de comptes sur les réseaux, shadowbanning, censure et même emprisonnement pour un tweet qui déplait au gouvernement comme en Grande-Bretagne). Les questions ne manquent pas.

Cet essai technico-socio-politique écrit à quatre mains se compose de deux parties. Chaque auteur s'exprimant ainsi à tour de rôle, mais sans vraiment se répondre. Dans un premier temps, Laurent Alexandre, chirurgien-neurologue, essayiste, futurologue, chroniqueur et surtout expert de plateau télé, expose ses idées sur l'IA. Il reconnaît qu'elles sont très proches de celles d'Uval Hariri, de Schaw et du WEF. Il défend peu ou prou le transhumanisme, pense que le cancer et la plupart des maladies seront vaincues et que la science va pouvoir repousser si loin les limites de la mort que l'on verra apparaître de rien moins que l'Homo Deus (homme-dieu), mi-humain, mi-IA. Il pense que de très nombreux emplois disparaitront dans la manutention et les travaux répétitifs, mais aussi dans la médecine, la justice, le journalisme et autres. Mais il est farouchement opposé à un revenu universel qui permettrait de calmer les éventuels troubles sociaux occasionnés. Dans un second temps, la parole est donnée à Jean-François Copé, homme politique, ancien ministre et maire de Meaux. Il tente, sans vraiment y parvenir, de contrer l'argument du premier selon lequel l'IA n'aura que faire des hommes politiques, qu'ils seront dépassés et quasi obsolètes tout comme la démocratie hackée par la technologie. Copé voudrait une IA nation, mais uniquement dans le cadre européen. Point de salut en dehors du « machin », mais quelques pages plus loin, il donne en exemple de réussite Singapour et l'Estonie, une cité-état et un petit pays. Logique. Il pense aussi que les opérateurs fournisseurs d'accès, genre Orange, Telefonica ou SFR, pourraient à terme prendre le relais des GAFAM américains et initier une IA maison. Le lecteur ne voit pas bien comment cela pourrait être possible rien qu'en comparant les budgets respectifs. Un titre provocateur, une problématique capitale pour notre avenir et deux points de vue qui laissent rêveur et insatisfait. Un lecteur un brin informé n'apprendra rien de bien nouveau ou de bien original à la lecture de ce bouquin. Il aura même l'impression d'avoir perdu son temps à lire les élucubrations d'un illuminé et les vœux pieux d'un has been…

2,5/5

08:25 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)