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29/10/2019

Corrompu (Patrick Nieto)

Corrompu.jpgLe 21 octobre 2011, en Libye, Mansour Al-Shamikh apprend la nouvelle de l’assassinat de Mouammar Kadhafi pour lequel il devait exécuter une mission spéciale. Ce proche du Raïs sait que les traitrises vont se multiplier et qu’il va vite se retrouver dans un rôle de proie comme il le vit dans le terrible cauchemar qui hante ses nuits… Le 12 avril 2012, le capitaine Arnaud Rossignol se trouve en planque tout en haut d’une grue du port de Bassens près de Bordeaux. Avec quelques collègues de la brigade des stupéfiants il assiste à une livraison de marchandise qui tourne plutôt mal pour un gang de malfrats, les Zaoui…

« Corrompu » se présente comme un roman policier de belle facture. Commandant de police, l’auteur sait de quoi il parle. Ses personnages et l’ambiance dans les services sans parler de la guerre des polices et la rivalité avec le service des douanes sentent bien leur vécu. L’intrigue de cette histoire est basée sur des faits réels, ce qui donne un intérêt supplémentaire à une narration passionnante. Le style de Patrick Nieto est de belle qualité, c’est-à-dire vif, nerveux et bien rythmé. Les évènements et rebondissements de cette dramatique affaire s’enchainent tellement vite qu’il est bien difficile de lâcher ce livre qui se dévore allègrement. De plus, le personnage de Rossignol, flic corrompu, ripoux atypique, plus victime que véritable voyou, pose honnêtement la problématique des méthodes policières et des risques de dérive d’un métier utile mais dangereux. Si on y ajoute un dénouement fort bien amené et tout à fait surprenant, on est pas loin du carton plein. Un excellent polar, tout à la fois, noir, social et réaliste. À conseiller aux amateurs !

4,5/5

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24/10/2019

Une visite au pays du diable (Karl May)

Une visite au pays du diable.jpgAprès avoir vécu mille aventures en Tunisie, Egypte, Syrie et Arabie Saoudite, le narrateur arrive aux confins de la Perse en passant par le Kurdistan, territoire mal défini, mais sous domination ottomane. Il séjourne chez les Yésidis, population que les Musulmans accusent d’adorer Sheïtan (Satan) tout comme les Turcs lui reprochent de rendre un culte à Mammon (l’argent). Autant dire un peuple bouc émissaire, hérétique et chargé de tous les péchés du monde. Comme dans le précédent épisode, Karl May est accompagné de son fidèle serviteur Hafef, de sir Lindsay, riche et fantasque britannique féru d’anthropologie et toujours à la recherche d’une relique de taureau ailé et de Mohamed Emin, sheik de la tribu des Haddedin, toujours aussi motivé par la délivrance de son fils Amad prisonnier des geôles turques… La narration reprend donc au moment précis où elle s’était achevée à la fin des « Pirates de la mer Rouge ».

« Une visite au pays du diable » est à la fois un récit de voyage comme le précise le sous-titre et un roman d’aventures aux nombreuses péripéties, plutôt destiné à la jeunesse. Le lecteur d’aujourd’hui sera surpris par la qualité et la précision des descriptions des mœurs et des environnements anthropologiques sans doute tirés de récits authentiques de voyageurs. May le sous-entend dans le dernier paragraphe de l’ouvrage. « Il me reste aussi à le prier de m’excuser si, dans mes ruses, j’ai fait quelques entorses à la vérité, si je me suis montré un peu Turc avec les Turcs. » Il faut dire que ces derniers ne sont pas décrits sous des dehors les plus flatteurs alors que les Yésidis auraient nettement plus les faveurs de l’auteur. Il les pare de nombreuses qualités, les présentant comme des sortes de proto-chrétiens. Même chose pour les derniers des derniers, les plus persécutés de la région, les assyro-chaldéens. Comme quoi si bien des choses ont évolué aux confins de l’Irak et de l’Iran, d’autres n’ont pas du tout bougé. Rien de tel qu’un bouquin écrit en 1892 pour relativiser les évolutions historiques…

4/5

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21/10/2019

Révoltée (Evguénia Iaroslavskaïa-Markon)

Révoltée.jpgIssue d’une famille aisée d’intellectuels juifs, Evguénia, née en 1902 à Moscou, est diplômée de l’enseignement supérieur. Elle parle quatre langues, le russe, l’allemand, le français et le yiddish, mais a des problèmes avec l’orthographe. D’abord journaliste de gauche, très enthousiasmée par la révolution d’octobre, elle en découvre très vite les limites et la qualifie même de réactionnaire. Très jeune, elle rencontre l’écrivain Iaroslavski avec lequel elle voyage en Europe et séjourne deux mois à Paris. Son compagnon tient à retourner dans sa patrie. Mal lui en prend, car il est très vite arrêté comme dissident et envoyé au Goulag où il sera exécuté suite à une tentative d’évasion ratée. Evguénia, qui refuse d’entrer dans l’administration soviétique, se met vendeuse de journaux à la sauvette. Fascinée par le monde des truands, elle va à leur rencontre et vit comme eux, dormant dans des parcs ou des immeubles abandonnés. Elle devient même voleuse professionnelle. Arrêtée plusieurs fois, elle se retrouve au bagne où elle survit en se prétendant diseuse de bonne aventure. Très rebelle, elle essaie d’organiser une révolte des prisonniers et donne de sa personne en agressant avec une brique Ouspenski, le directeur de la prison. Cet acte manqué lui vaudra une condamnation à mort.

« Révoltée » est le témoignage émouvant d’une femme invalide (amputée des deux pieds suite à un accident) qui ne se résout pas à accepter la monstruosité qu’est devenu dans les années 30 le bolchévisme. Elle pense que la pègre représente la seule classe sociale véritablement révolutionnaire. Pour elle toute révolution, une fois le pouvoir atteint, ne peut que devenir réactionnaire et conservatrice et qu’il faut donc immédiatement la combattre par tous les moyens, même les plus violents. Une sorte d’anarchisme extrémiste désespéré. Même si le lecteur peut ressentir une certaine empathie à la découverte de ce témoignage émouvant, il lui est difficile d’approuver autant les comportements que les attitudes de cette étrange passionaria. Si l’on en croit la quatrième de couverture, « c’est le Moscou et le Leningrad des marginaux, enfants des rues, ivrognes, prostituées, vagabonds, qu’elle nous fait découvrir ». Et pourtant le lecteur reste sur sa faim : cette réalité-là aurait mérité plus amples développements…

3/5

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19/10/2019

La petite gauloise (Jérôme Leroy)

La petite gauloise.jpgDans un futur proche, une grande ville portuaire de l’Ouest se retrouve quasiment au bord de la guerre civile ethnique. Le capitaine de police Mokrane Méguelati se fait descendre au fusil à pompe par un policier municipal facho qui le prend pour un dangereux terroriste. Deux commandos islamistes font un carnage dans un troquet avant de s’en prendre à une classe de lycée de banlieue recevant une auteure pour la jeunesse dans un Algeco leur servant provisoirement de classe. Calme et apparemment innocente au milieu de toute cette barbarie, Stacy Billon, 17 ans, surnommée « la petite gauloise » est le pivot de toute cette histoire. Détail qui a toute son importance, la mairie de la grande ville portuaire de l’Ouest a été récemment conquise par le « Bloc Patriotique ».

« La petite gauloise » se présente comme un roman noir fortement imprégné de politique et de social. Bien que cochant toutes les cases du politiquement correct, l’auteur n’arrive pas à développer une intrigue qui tienne vraiment la route. Tout semble surfait, fabriqué, incohérent, invraisemblable dans cette intrigue capillotractée. Et dans ce domaine, la chute qu’on ne dévoilera pas histoire de laisser le lecteur aller au bout de l’écœurement, en est un magnifique exemple. Le style de l’auteur se veut efficace, nerveux et rythmé avec quelques tics agaçants comme la répétition ad lib du nom complet du personnage en ignorant l’utilisation des pronoms personnels. Caprice d’ancien prof sans doute. S’il faut chercher quelques qualités à cette œuvrette sans envergure, on n’en trouvera que deux : une amusante mais réaliste description de l’ambiance d’une classe de première commerciale et surtout le peu d’ampleur de l’ouvrage, 142 pages en gros caractères qui seront aussi vite lues qu’oubliées…

2,5/5

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14/10/2019

Coluche (Philippe Boggio)

Coluche.jpgMichel Colucci, dit Coluche, est un humoriste et comédien français, né le 28 octobre 1944 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 19 juin 1986 à Opio (Alpes-Maritimes). Fils d’un immigré italien et d’une Française, Michel Colucci grandit à Montrouge. Il adopte le pseudonyme « Coluche » à l’âge de 26 ans, au tout début de sa carrière. En 1975, il devient célèbre en parodiant un jeu télévisé : « Le Schmilblick ». Avant 1976, il occupe des rôles de second plan au cinéma avant de camper des personnages plus centraux, comme dans « L’Aile ou la Cuisse », puis de tenir le haut de l’affiche durant les années 1980, essentiellement pour des comédies. En 1977, il passe à la réalisation en co-réalisant « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » avec Marc Monnet. En 1984, il obtient un César du meilleur acteur pour son rôle dramatique dans « Tchao Pantin » de Claude Berri. Tour à tour provocateur ou agitateur par ses prises de position sociales, il se présente à l’élection présidentielle de 1981 avant de se retirer. Jouissant d’une énorme popularité et très apprécié du public, il fonde en 1985 l’association « Les Restos du cœur », relais d’aide aux plus démunis, quelques mois avant de mourir dans un accident de moto.

« Coluche » est la biographie la plus complète et la plus documentée du célébrissime humoriste. Grand reporter du journal « Le Monde », Philippe Boggio a eu de nombreux entretiens avec Coluche ainsi qu’avec sa mère Monette et son imprésario, Claude Lederman. Dans ce gros ouvrage de plus de 500 pages, il peut ainsi raconter l’enfance banlieusarde à Montrouge, l’absence du père, l’échec au certif et les débuts difficiles, le café-théâtre et finalement l’explosion déclenchée par un simple passage à la télévision un soir d’élections présidentielles. Le lecteur découvrira un personnage attachant mais également complexe, ses hauts et ses bas, ses réussites, ses échecs. Sa chute dans la déprime alors qu’il arrive au sommet de la popularité, sa déchéance dans l’alcool et la drogue puis sa remontée courageuse et sa transfiguration en véritable bienfaiteur avec ses Restos du Cœur. Un bouquin indispensable pour ne pas oublier Michel Colucci qui était bien plus qu’un clown iconoclaste au nez rouge…

4,5/5

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09/10/2019

Les espérances planétariennes (Hervé Ryssen)

Les-esperances-planetariennes_1208.jpgAu fil des années et des vagues d’immigration, les nations européennes se dissolvent peu à peu dans un grand ensemble de plus en plus multi-ethnique. Le monde de demain sera-t-il sans races et sans frontières ? Allons-nous vers un gouvernement mondial qui siègerait à Jérusalem comme le souhaite Jacques Attali ? Pour l’instant, seuls les Occidentaux sont engagés dans ce processus. Historiquement, cet universalisme prend sa source dans le marxisme. La révolution bolchevique, elle-même inspirée de la révolution française, pouvant être considérée comme une première tentative ratée de mondialisme. Mais étrangement, on peut aussi trouver des similitudes et des convergences dans le libéralisme anglo-saxon. Depuis mai 68, la gauche, déçue par l'embourgeoisement des ouvriers, s’est trouvée un prolétariat de substitution composé des immigrés, des minorités sexuelles et des féministes. L’ennemi politique à abattre étant le mâle blanc catho hétérosexuel.

« Les espérances planétariennes » est un essai de socio et géopolitique cherchant à disséquer les tenants et aboutissants du mondialisme. C’est ainsi qu’il faut interpréter le néologisme « planétarien ». Pour sa démonstration difficilement contestable, Hervé Ryssen convoque un nombre impressionnant d’auteurs juifs (Jacques Attali, Albert Cohen, Marek Halter, Elie Wiesel, Bernard-Henri Lévy, Samuel Pisar, Primo Levi, Joseph Roth, Hannah Arendt, Jacques Derrida, Michel Winnock pour n’en citer que quelques-uns). Tous admettent être à l’origine et à la manœuvre dans ce processus de métissage généralisé pour les autres alors qu’ils prônent un maintien de la pureté de la race chez eux, en Israël. Soljenitsine est également largement mis à contribution pour le volet russe de l’affaire. Cet ouvrage bien écrit et bien référencé nous apprend l’importance des Juifs dans les hautes sphères bolchéviques, leur rôle primordial dans la persécution du peuple russe (déportations au sinistre Goulag, exécutions de masse, etc.), mais également leur importance dans la mafia américaine ainsi que leur rôle dans un certain nombre d’affaires d’escroquerie de banques et d’assurances à grande échelle. La force et la faiblesse de ce genre d’ouvrage plus informatif que polémique viennent de la surabondance de citations qui peuvent malheureusement finir par ennuyer le lecteur. Peut-être est-ce le prix à payer pour ne pas être taxé de partialité voire d’antisémitisme ?

4/5

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04/10/2019

La marche qui soigne (Jacques-Alain Lachant)

La marche qui soigne.jpgSi, comme le dit la chanson, la meilleure façon de marcher consiste à mettre un pied devant l’autre, on constate qu’il y en a presque autant que d’êtres humains et que chaque démarche est aussi personnelle qu’une signature ou une empreinte digitale. Mais, pour l’auteur, certaines marches sont légères, équilibrées et bienfaisantes, alors que d’autres sont lourdaudes, pesantes et quasi toxiques. Nos pas révèleraient notre psyché, l’homme étant un tout fait de corps et d’esprit. Une grande part de nos souffrances vient de ce que nous ne savons pas marcher correctement. Une véritable « marche portante » permettrait de nous libérer des maux de dos, des gênes handicapantes et des chutes à répétition. Une façon de marcher correcte permettrait d’obtenir du tonus, de la légèreté, du plaisir et même une véritable joie de vivre.

« La marche qui soigne » est un essai médical proposé par Jacques-Alain Larchant, ostéopathe spécialiste de la marche. Le lecteur découvrira bien des choses dans cet ouvrage relativement technique et doté d’un certain nombre de dessins permettant d’illustrer le propos et de mieux comprendre de quoi il s’agit. Il aura une raison de plus d’être persuadé que le psychique est d’autant plus lié au somatique que le corps parle et dévoile ce que le cœur ressent sans forcément l’exprimer autrement. Les méthodes de ce praticien semblent assez efficaces en dépit de leur aspect surprenant comme lorsqu’il marche aux côtés de son patient en plaçant sa main sur le sacrum de son malade, lequel en fait autant sur lui. Livre intéressant surtout pour les nombreux témoignages ou exemples de gens traités par cette méthode un peu étonnante.

3/5

08:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

01/10/2019

Ces glucides qui menacent notre cerveau (David Perlmutter)

ces glucides qui menacent notre cerveau.pngParkinson, Alzheimer, Charcot, Tourette, autisme, dépression, hyperactivité, migraines, névralgies ou maux de tête chroniques, que de maux menacent notre pauvre cerveau ! Selon le docteur David Perlmutter, il est parfaitement possible de s’en prémunir en suivant ses directives. En effet, tous ces symptômes et bien d’autres comme les allergies ont des causes aisément détectables au premier rang desquelles se situe le gluten, cette colle que l’on trouve principalement dans le blé, l’orge, l’avoine et quelques autres céréales. Il faut savoir que les variétés de blé utilisées en boulangerie, pâtisserie ou industrie agro-alimentaire, n’ont plus rien à voir avec les anciennes. Leur taux de gluten a été artificiellement augmenté dans des proportions importantes pour des facilités de production. Résultat : s’il n’y a qu’un personne sur 200 qui souffre de la maladie coeliaque, nous sommes tous plus ou moins incommodés par cette molécule à des degrés divers allant de l’intolérance à une simple sensibilité. D’où la nécessité de changer notre mode de vie et en premier lieu notre alimentation pour protéger notre cerveau.

« Ces glucides qui menacent notre cerveau » est un essai pratique de vulgarisation basé sur un grand nombre d’études scientifiques et étayé par des centaines de cas traités par le docteur Perlmutter. L’ouvrage débute par un questionnaire d’auto-évaluation permettant de se situer. Puis l’auteur nous présente les résultats des toutes dernières recherches sur le sujet. Autant dire que celles-ci concluent exactement au contraire de ce que l’on croyait il y a 30 ou 40 ans. Par exemple que le danger pour le cœur et le cerveau ne vient pas des graisses mais du sucre, que le cholestérol n’est pas la mauvaise chose qu’il faut combattre, mais qu’il est utile pour notre cerveau, que les statines contribuent largement à amoindrir nos fonctions cérébrales et à augmenter les risques de maladies cardiaques et que les œufs sont un aliment excellent à consommer sans modération. La force de cet ouvrage réside, au-delà de l’argumentation difficile à contester, dans son volet concret permettant de mettre en pratique la méthode Perlmutter de remise en forme : une semaine de menus détaillés, des objectifs hebdomadaires à atteindre et toute une batterie de recettes sans sucre ni gluten qui donnent envie d’être essayées. Sans oublier l’importance de l’activité physique régulière et d’un sommeil de qualité. Passionnant.

4,5/5

08:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

29/09/2019

L'or nazi, les banques suisses et les juifs (Tom Bower)

L'or nazi.jpgAvant la seconde guerre mondiale, des Juifs fortunés sentant monter la menace nazie, placèrent or, argent et bijoux sur des comptes ou dans des coffres de banques suisses pensant qu’ils y seraient en sécurité. Pendant la guerre, les nazis firent de même avec tout ce qu’ils avaient pu dérober en Europe occupée (tableaux, œuvres d’art, or volé dans les banques centrales et même récupéré sur les dents et les bijoux des victimes de l’Holocauste). Non contente de pratiquer le recel des vols des nazis, les Suisses collaborèrent indirectement, mais de façon conséquente à l’effort de guerre allemand en fournissant pour environ un milliard de francs suisses de matériel qui ne fut jamais payé. En 1945, les banquiers suisses bloquèrent tous ces avoirs, ne permettant même pas aux survivants des camps de concentration ou à leurs descendants de récupérer leurs biens. Une commission alliée demanda pendant des années des comptes aux banques suisses sans le moindre succès. L’affaire s’éternisa jusqu’en 1997, date à laquelle Edgar Bronfman, pdg de Seagram et président du CJM, et d'Amato, sénateur américain, finirent par obtenir gain de cause avec un versement de 7 milliards de francs suisses, soit 5 milliards de dollars, versés sur un compte en faveur des victimes, avant même que les historiens déposent leur rapport définitif…

« L’or nazi » est un ouvrage historique dense et lourdement documenté qui, malgré l’intérêt évident du sujet, reste d’une lecture plutôt laborieuse. L’auteur, se voulant sans doute exhaustif, raconte par le détail toutes les tentatives de négociation, toutes les réunions, concertations et discussions dans leurs moindres détails, ce qui finit par lasser un peu le lecteur. Lequel y découvrira néanmoins bien des turpitudes dans le monde de la finance en temps de guerre et de paix. Ainsi découvrira-t-il que l’or des banques centrales belges et hollandaises se retrouva en France alors que celui de la France fut mis à l’abri en Afrique, que l’Espagne et le Portugal ne rendirent qu’une faible partie de l’or entreposé chez eux et que l’URSS et les USA, qui en récupérèrent également, ne rendirent rien. Qui a dit que la fièvre de l’or rendait fou ? La Grande-Bretagne, la France et la Suisse (mais fort difficilement et sous la terrible pression internationale d’un retrait général de tous les avoirs laissés dans leurs banques) furent plus honnêtes au bout du compte. Sans doute moins puissants que les deux super-grands ne purent-ils faire autrement ? Livre intéressant néanmoins, une somme et une référence sur une affaire particulièrement crapuleuse.

3,5/5

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26/09/2019

Nuit marine (Alain Crozier)

Nuit marine.jpgQuatre poèmes sur le thème éternel de l’amour, du manque de l’être cher, de la séparation… L’auteur se livre à une sorte de longue introspection un peu désabusée sur lui-même, sur sa vie, sur une femme aimée inaccessible, fantasmée, disparue, abandonnée, partie avec un autre, on ne sait trop. Il la nomme souvent « M » (« aime », archétype de l’Amour avec un grand A) et une fois ou deux « Marine ». Tout cela reste en fait un peu flou, nébuleux, et disons simplement poétique. Mais peut-être nous donne-t-il la clé en se livrant totalement dans ces vers déchirants de réalisme : « J’embrasse pas.

J’embrase pas.

Je couche même pas.

J’aime pas faire l’amour.

J’ai pas envie de le prouver… »

« Nuit Marine » est un court recueil de poésies regroupées en quatre chapitres soit quatre grands poèmes ou en une soixantaine de petits si l’on se base sur les paragraphes ou les pages. L’absence de titre ne permet pas de savoir. Une concision extrême proche du minimalisme absolu. Certains poèmes tiennent en cinq lignes et une petite vingtaine de mots, c'est dire. Quasiment des haïkus quant au volume. On restera plus réservé sur le sens. L’auteur qui n’a que faire de la rime, du rythme, des assonances et des habituelles conventions poétiques se laisse parfois aller à quelques facilités et jeux de mots ou de sonorité. On les lui pardonnera évidemment, car son verbe est léger, incisif et n’ennuie aucunement. Il sait très bien aller à l’essentiel et ne se perd jamais en digressions ou descriptions ennuyeuses. Mon préféré et de loin : « Ne passe pas à côté

De mes mots.

Reviens-y.

Ce bien-être

Peut être aussi

Pour toi

Doux et chaud. »

Ou comment en dire un maximum avec un minimum de moyens. Minimaliste et sentimental notre amoureux platonique… On notera également la belle qualité éditoriale (papier, graphisme, etc).

3/5

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