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04/08/2019

Au gré de la tourmente (Karl May)

Au gré de la tourmente.jpgPris dans une terrible tempête du Pacifique, le « Poséidon », trois-mâts américain commandé par le capitaine Roberts, est venu s’écraser sur la barrière de corail de l’île Pomatau. L’équipage a pu sauver la cargaison, mais n’a guère de moyen de reprendre la mer. Un peu plus tard, les naufragés voient une quinzaine de pirogues se diriger vers leur île. La première arrivée est celle de Patomba, un prince polynésien qui s’avère être pourchassé par les autres. Les marins se mettent à son côté et repoussent les assaillants. Le narrateur, Charley repart avec Patomba pour chercher du secours à Papeete. Sur place, il est pris en charge par le capitaine Turnestick, ami de longue date de Charley. Le beau-père de Patomba veut lui reprendre sa fille pour la remarier avec un Polynésien animiste. Avec l’aide de Charley et de Turnestick, Patomba arrive à récupérer son épouse après s'être débarrassé du père, du rival et de quelques acolytes…

« Au gré de la tourmente » est un roman d’aventures maritimes datant du début de l’autre siècle. Personne n’écrit plus ce genre d’histoire pleine de rebondissements et de bons sentiments. Les héros sont positifs et ne s’encombrent pas de fausse culpabilité pour sanctionner les coupables ou se débarrasser des méchants. Le style est vif et enlevé. L’ensemble est très agréable à lire, même aujourd’hui. C’est revigorant et même particulièrement dépaysant. Les descriptions des mondes polynésien et chinois sont tout à fait surprenantes. Le lecteur pourra se rendre compte à quel point le monde a changé en un siècle ! (Plus de costumes traditionnels, plus de nattes obligatoires, plus de femmes aux pieds bandés). La plongée dans l’univers de la mafia chinoise mérite à elle seule le détour Auteur oublié aujourd’hui, Karl May, qui fut une sorte de Jules Verne allemand, rencontra un immense succès de son vivant surtout avec ses romans sur le Far-West qu’il décrivit sans y être allé. Et pourtant, sans doute grâce à un travail de recherche et de documentation soigné, l’ensemble est tout ce qu’il y a d’intéressant à bien des points de vue. À noter : de belles illustrations sous forme de dessins en noir et blanc.

4/5

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01/08/2019

Vies de chat / Prélude à l'élu de Milnor (Sophie Moulay)

Vies de chat.jpgDans les rues d’Hoggu, capitale de l’Empire, Calus et Linea, sept ans, sont pourchassés par une patrouille de soldats. Calus réussit à lui échapper mais juste pour se retrouver capturé par des sbires travaillant pour le compte du mage Cruzac. Placés dans une geôle humide et sombre, il est rejoint par une autre captive, Maëlia, une petite fille des rues. Quelque temps plus tard, Malus est installé dans une étrange machine qui lui fait subir une transformation surprenante : ses yeux changent de forme et de couleur et du poil commence à lui pousser sur tout le corps. Même chose pour Maëlia. Les deux enfants sont transformés en chats ou plutôt en hybrides félins, mi-humains, mi-animaux. Des animains. Ils apprécient finalement beaucoup leurs nouvelles caractéristiques et en particulier leur meilleure vision nocturne et leur plus grande souplesse et agilité. Calus s’apprête à chasser un oiseau quand un autre animain de type panthère, Deri ot Sertius, l'arrête dans son élan, histoire de l’empêcher de se rompre les os. Après un assez long entrainement aux arts martiaux, les deux enfants se voient confier une toute première mission auprès du gouverneur Kiho, menacé par un complot inquiétant.

« Vies de chat » est un roman de fantaisie plutôt destiné aux adolescents. La narration est de bonne qualité, rythmée, sans temps mort. Le lecteur se laisse facilement emporter par cette histoire basée sur une idée amusante et pleine d’action et de rebondissements. Il semble que ce titre annonce une suite sous forme de saga, car il s’achève sur une fin ouverte. Sa mission réussie de main de maître, Calus s’en voit attribuer une autre qui sera sans doute racontée par la suite. L’ensemble est agréable à lire, sans prétention. Rien que du plaisir et du divertissement. Inutile de chercher autre chose !

4/5

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28/07/2019

La terre invisible (Hubert Mingarelli)

La terre invisible.jpgÀ Dinslaken, dans l’Allemagne vaincue de juillet 1945, un photographe de guerre n’arrive pas à se décider à rembarquer et à retourner chez lui. Quelque chose le retient sur place. Le hasard de ses promenades lui fait rencontrer de pauvres gens partis sur les routes à la recherche d’un abri. Quand il reçoit l’ordre de pendre un procureur, son supérieur, le colonel Collins, refuse d’obtempérer en prenant le prétexte que son unité ne dispose d’aucun charpentier. Le photographe est obsédé par un rêve récurrent : il voit des bâches recouvrant des morts se soulever toutes seules. Un jour, profitant de la voiture réquisitionnée du procureur, il part en voyage vers le Nord en compagnie du seconde classe O'Leary qui lui servira de chauffeur. Dans les fermes et dans les villages, il prend en photo les gens qu’il rencontre, souvent des femmes, des enfants et des vieillards mutiques. Il leur demande parfois de l’eau et des œufs pour améliorer l’ordinaire…

« La terre invisible » est un roman intimiste comme sait si bien en écrire Hubert Mingarelli avec son style minimaliste inimitable. L’auteur ne semble s’attacher qu’aux détails insignifiants de la vie de tous les jours. Ses personnages ressemblent un peu à des ombres, tant il leur donne peu de consistance. Ce voyage quasi inutile et peut-être sans retour donne surtout une impression de poésie mélancolique. Pas de théories, peu de descriptions, pas de grandes déclarations ou explications psychologique, juste l’essentiel pour que le lecteur puisse se faire son film tout seul dans sa tête. De livres en livres, Mingarelli continue donc imperturbablement sur ce même sillon. Ça finit par faire un peu procédé « breveté », d’autant qu’on retrouve presque les mêmes personnages, les mêmes situations et les mêmes décors (ou de similaires comme dans « Quatre soldats »). Le lecteur pourrait finir par se lasser, mais il n’en est rien. La petite musique si particulière de l’auteur garde encore pas mal de sa magie…

3,5/5

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24/07/2019

Le prince des étoiles (Jack Vance)

Le prince des étoiles.jpgEn juillet 1524, Kirth Gersen se présente à la taverne de Smade, établissement fréquenté par les pirates et les flibustiers les plus notoires de l’Au-delà. Il faut dire que Smade est le seul propriétaire de la planète qui porte son nom. Il s’y est établi avec ses trois femmes et ses onze enfants et y fait régner sa loi. Gersen y rencontre un autre explorateur de l’espace, Lugo Teehalt, lequel a travaillé pour le compte d'Attel Malagate, dit « Le Monstre ». Teehalt a fait la découverte d’une planète aussi magnifique qu’hospitalière, habitée par des créatures fascinantes telles les dryades. Pour la préserver, il veut garder secret son emplacement. Mais, dans la nuit, il est assassiné par trois individus, au grand dam de Smade qui n’admet aucun désordre sur sa planète. Gersen repart avec le moniteur de la fusée de Teehalt. Il espère réussir à l’ouvrir et à le faire parler, car il contient de précieux renseignements et en particulier la position de la fameuse planète.

« Le prince des étoiles » est un roman de science-fiction, catégorie space-opera, consacré à une chasse à l’homme et à une vengeance à travers la galaxie. C’est le premier de cinq tomes d’une saga intitulée « La geste des princes-démons ». Chacun retrace la traque d’un grand criminel et peut se lire indépendamment des autres. Après Attel Malagate, suivront Kokor Hekkus, Viole Falushe, Lens Larque et Howard Alan Treesong. Présentée comme un grand classique de la science-fiction (si l’on en croit la quatrième de couverture), cette série est plutôt une œuvre de divertissement sans grande prétention ni profondeur. L’intrigue est assez basique, les personnages peu travaillés et les méchants très caricaturaux. Reste le style de qualité du grand Jack Vance dont la production assez énorme comporte des titres de bien meilleur niveau que celui-ci.

3,5/5

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21/07/2019

Le train perdu (Souvestre et Allain)

Le train perdu.jpgDans une guinguette des bords de Marne, Beaumôme, Oeil-de-bœuf, Bec-de-gaz et quelques autres apaches et rôdeuses de barrière découvrent qu’un mystérieux personnage semble les espionner depuis un salon particulier du premier étage. Ils s’apprêtent à lui faire un mauvais sort quand ils découvrent que le présumé roussin n’est autre que leur patron, le redoutable Fantômas. Lequel leur propose un nouveau contrat : dérober la rondelette somme de cinq millions de francs convoyée en Angleterre par le prince Vladimir, aristocrate russe, chargé de l’achat d’une île du Pacifique pour le compte d’une principauté d’Europe centrale. Une première tentative échoue lamentablement dans le train menant à Calais. Une deuxième sur le ferry-boat fait flop également. Il faut dire que diverses grèves de dockers et de cheminots compliquent à plaisir la manœuvre des voyous…

« Le train perdu » est un des épisodes des aventures de Fantômas, « le génie du crime, le maître de l’épouvante ». Paru en 1912, ce roman feuilleton parfaitement dans le goût de l’époque rencontra un immense succès sous forme de fascicules vendus 65 centimes (le Livre de Poche avant l'heure). Dans la lignée des Rocambole et autres Arsène Lupin, le héros, sombre incarnation du mal n’a de cesse de faire frissonner de peur les lecteurs de l’époque. Y a-t-il un intérêt à lire aujourd’hui ce genre de texte écrit au kilomètre, quasiment sans relecture, sans le moindre souci de style ? Oui, sans aucun doute, mais pour des raisons différentes des originales. Tout d’abord pour la plongée dans le monde de la Belle Epoque avec toute sa galerie de personnages étranges ou truculents. Ensuite pour l’intrigue délirante, abracadabrantesque, pleine de rebondissements souvent cousus de fil blanc et frisant sans cesse l’invraisemblance. Mais qu’importe ! Le lecteur pourra également mesurer les progrès qui ont été faits en littérature (roman noir, thriller, fantastique) depuis cette œuvre de précurseurs sans prétention qui n’avaient qu’un but : distraire le lecteur et vivre de leur plume.

3/5

08:22 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/07/2019

Paroles d'un révolté (Pierre Kropotkine)

Paroles d'un révolté.jpgNé en 1842, mort en 1921, Pierre Kropotkine, issu de la haute aristocratie russe, fut à la fois géographe, explorateur, zoologiste, et anthropologue. Il est surtout connu comme théoricien du communisme libertaire. Avec Bakounine, Fourier et Proudhon, il est considéré comme un des penseurs majeurs de l’anarchisme et comme le fondateur de ce mouvement politique aussi radical que particulier. Accusé d’affiliation à « une société internationale ayant pour but de provoquer la suspension du travail, l’abolition de la propriété, de la famille, de la patrie et de la religion », en un mot, d’avoir commis par ses écrits un véritable attentat contre la paix publique, il dut purger trois années de prison en France. Mais que prônait cet imprécateur ? La véritable collectivisation des terres, des richesses et des moyens de production. Il voulait développer l’entraide, la solidarité prolétarienne, une morale basée sur la liberté, l’égalité, la fraternité et la justice sociale. Il fustigeait la spéculation et tous les profits indûment engrangés sur la sueur et le labeur des travailleurs. Il condamnait sans appel le capital et surtout la bourgeoisie qui avait manqué à toutes ses promesses lors des diverses révolutions (1789, 1830, 1848 et surtout au moment de la Commune qu’il étudie tout particulièrement comme étant la seule véritable tentative avortée de révolution anarchisante).

« Paroles d’un révolté » est un recueil comportant 19 articles précédemment parus dans le journal « La Révolte ». Publié en 1885, cet ouvrage pourra être lu sans problème de nos jours et certainement avec grand profit tant l’analyse des mécanismes révolutionnaires est pertinente. Le lecteur s’apercevra au fil des articles que peu de choses ont changé et que d’une oppression, le peuple est passé à une autre peut-être encore plus hypocrite et plus rapace. Il comprendra que l’ordre bourgeois a toujours su récupérer toutes les révolutions, les a retournées à son profit. Les nantis osant même se présenter comme « socialistes ». Pour Kropotkine, tout « gouvernement révolutionnaire » est un oxymore, une forfaiture et un piège dans lequel sont tombées toutes les révolutions « sociales » sans aucune exception. Ce que l’Histoire nous a d’ailleurs montré ultérieurement. La Révolution de 1917, le stalinisme, le maoïsme, guerre d’Espagne, ne faisant que conforter a posteriori les thèses de l’auteur. Pour lui, il faudrait prioritairement abolir toute forme de propriété et procéder sans attendre à une expropriation généralisée. « Ni Dieu, ni maître », donc pas d’armée, pas de clergé, pas de gouvernement, pas de pseudo « représentants du peuple » qui ne songent qu’à se servir au lieu de servir, pas de taxes, pas d’impôts. Une commune, autant dire, une communauté, un communisme total, absolu, sans compromis. Il pensait cet avenir tout proche comme une suite logique de la Commune de Paris. Nous, grâce au recul que nous avons, savons qu’il donnait sans doute un peu beaucoup dans un idéalisme utopique sans parler d’un certain misérabilisme compréhensible vu l’époque. À lire pour qui veut en savoir plus sur ce courant politique qui ne parvint jamais à inscrire ses principes dans la réalité.

4/5

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14/07/2019

Manuel pratique de la culture maraîchère de Paris (Moreau et Daverne)

Manuel pratique de maraichage.jpgÀ la demande de la société de jardinage et d’horticulture de Paris, les auteurs ont rédigé une somme tout à fait remarquable sur les méthodes de culture des maraîchers et jardiniers professionnels de la capitale. Leur travail récompensé par un prix est devenu par la suite un ouvrage de référence dans le milieu, tellement il est précis, complet, documenté et utilisable, autant par les amateurs que par les professionnels. Il débute par une histoire sommaire de la culture maraîchère. Le lecteur y découvrira entre autres que le terme « marais » était encore à l’époque (1845) encore synonyme de « jardin » et qu’au fil des siècles et des constructions, ces lieux de production durent peu à peu s’éloigner du centre de la capitale jusqu’à se retrouver de plus en plus en périphérie. L’utilisation du premier châssis date de 1780, celle du premier forçage de l’asperge blanche de 1792. Chaque hectare de potager donnait du travail à 5 ou 6 personnes soit au total environ 9000 emplois rien que pour Paris intra-muros.

Le « Manuel pratique de la culture maraîchère à Paris » se compose de 13 chapitres. On y découvre tout ce qui se rapporte aux sols, aux expositions. En ce qui concerne les engrais, les maraîchers n’utilisent que du fumier de cheval ou de bovin. En revanche, ils pratiquent la rotation systématique des cultures, le terreautage, le compostage et le paillage. La plus grande partie de l’ouvrage est une description mois par mois de toutes les cultures pratiquées qui sont nombreuses et variées. Celle du chou de Chine est déjà bien connue, mais peu répandue, car elle ne trouve que peu de débouchés. Celle des fraises (surtout celle des Alpes) également car déjà concurrencée par celle de régions au climat plus doux permettant des récoltes plus précoces. Un chapitre est réservé aux maladies et aux insectes ravageurs avec malheureusement peu ou pas de parades. L’ouvrage se termine par la récolte et la conservation des graines (heureuse époque où personne n’avait eu l’idée monstrueuse de breveter le vivant !), puis par un index alphabétique des légumes permettant au lecteur de se retrouver aisément dans l’ouvrage. Il ressort de cette fort intéressante lecture que nos ancêtres avaient déjà une connaissance et une maîtrise remarquable des techniques de culture, qu’ils pratiquaient le bio et même une certaine forme de permaculture, technique qui semble si avant-gardiste à certains. Une fois encore, pas grand-chose de nouveau sous le soleil !

4/5

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09/07/2019

Les chaînes de l'esclavage (Jean-Paul Marat)

Les chaînes de l'esclavage.jpgEn 1774, voulant profiter de l’occasion donnée par le renouvellement du Parlement anglais, Marat publie à l’attention des électeurs britanniques un ouvrage appelé à réveiller leur conscience civique qu’il juge assoupie. Le livre paru, il s’aperçoit qu’il n’est distribué nulle part et que personne n’en parle. Journalistes, éditeurs, distributeurs semblent tous s’être donné le mot pour le boycotter. Marat serait-il trop véhément à l’égard du pouvoir ? Il se rend d’urgence en Angleterre où il a déjà séjourné une dizaine d’années pour faire la promotion de son ouvrage auprès de sociétés qu’il appelle « patriotiques ». Il rencontre un certain succès, mais celui-ci arrive bien trop tard. Les élections sont passées et son intervention n’a rien changé aux résultats. Marat découvrira par la suite que le pouvoir avait dépensé la bagatelle de 8000 guinées pour retarder et même empêcher toute diffusion de son livre…

« Les chaînes de l’esclavage » est une étude soignée, argumentée, illustrée de nombreux exemples historiques principalement tirés de l’Histoire d’Angleterre mais aussi de celle de Rome, ainsi que d’évènements divers survenus en France, en Italie, en Espagne et un peu partout en Europe. Ce n’est en aucun cas un pamphlet comme on pourrait s’attendre de la part d’un révolutionnaire dont on n’a retenu que le côté imprécateur et surtout la mort tragique dans sa baignoire sous le couteau de Charlotte Corday. Tout au long d’une brillante démonstration, il analyse les ressorts et mécanismes plus ou moins vicieux de l’absolutisme, du totalitarisme, en un mot de toutes les formes de tyrannie. Il met en parallèle richesse et servitude. Tant que le peuple a du pain et des jeux, il ne se révolte pas. Il montre aussi comment un prince au départ éclairé et sensible aux problèmes de son peuple peut insidieusement basculer dans l’arbitraire avec toutes sortes de complicités extérieures (rôle des juges, des politiques, des notables, des militaires) et même grâce à un quasi goût du peuple pour sa propre servitude. Pour lui, un vrai citoyen doit pouvoir être armé comme en Suisse ou aux Etats-Unis. C’est l’unique et définitive garantie pour assurer une véritable démocratie. Un ouvrage majeur qui mériterait plus grande diffusion tant le discours et l’analyse restent modernes et même toujours d’actualité. À chaque page, le lecteur ne peut que se dire « Mais, rien n’a changé. Tout ce que dénonce Marat quelques années avant la Révolution, il pourrait le redire aujourd’hui. Et même en pire. » Au passage, on notera avec amusement quelques naïvetés sur l’extension du suffrage, l’abolition des privilèges ou la vérification des comptes de la nation, toutes choses que nous pouvons aujourd’hui évaluer avec le recul historique dont nous disposons. Une belle pensée de sociologue, d’homme politique et de moraliste mais aussi une très belle plume, agréable à lire, même de nos jours.

4,5/5

09:11 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

04/07/2019

Guide de la retraite heureuse (Bernard Bellec)

Le-guide-de-la-retraite-heureuse.jpgQu’est-ce qu’une donation-partage ? Comment s’y reconnaître dans la foule d’acronymes tous plus sibyllins les uns que les autres (de AAH à USLD) ? Comment organiser des obsèques ? Comment protéger ses proches et transmettre son patrimoine ? De quelles aides peut-on disposer pour mieux vieillir ? Comment devenir acteur de son vieillissement ? Peut-on bien vieillir en restant chez soi ? Comment améliorer sa retraite ? Toutes ces questions et bien d’autres trouvent leurs réponses dans cet ouvrage.

« Guide de la retraite heureuse » est un bel ouvrage assez difficile à répertorier. En effet, ce livre agréable et joliment illustré est à la fois un almanach un peu dans l’esprit du Vermot avec ses anecdotes, ses petits faits historiques, méconnus ou oubliés, ses sites à découvrir, ses recettes pas toujours connues, ses conseils de jardinage, ses bandes dessinées, ses blagues, énigmes et historiettes. Une sorte de fourre-tout sympathique et fort utile pour les seniors qui souhaitent passer une retraite heureuse et qui voudraient comme l’indique le sous-titre « Bien vivre en France ». Une très belle édition grand format (almanach) qui aborde avec bonheur un grand nombre de sujets souvent intéressants Il est évident que la partie mémento avec ses index et son lexique sera la plus consultée et la plus utile. L’autre sera plus amusante voire distrayante.

4,5/5

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01/07/2019

L'ennemie sociale (Paul Rosen)

L'ennemie sociale.jpgEn 1890, la Franc-Maçonnerie représente 136 000 loges et 28 millions de « frères » et « sœurs ». Elle dispose d’un budget annuel de 3 milliards de francs. À l’époque, elle est déjà de première importance car à l’inspiration et à l’origine de la plupart des lois et décisions républicaines. Elle se déclare « humaniste, progressiste, amie du genre humain », mais quelle est sa véritable nature ? Dans son Encyclique « Humanum gentium », le pape Léon XIII a demandé : « Arrachez à la Franc-Maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites-la voir telle qu’elle est. » Tel est le but de cet ouvrage qui démarre par une partie historique rappelant toute l’histoire de la maçonnerie laquelle remonte à la nuit des temps. Ainsi découvre-t-on entre autres que la première loge maçonnique créée en France fut constituée le 13 octobre 1721 à Dunkerque par Lord Montaigu, grand maître de la Grande Loge d’Angleterre sous le titre « Amitié et Fraternité » et que la seconde fut fondée à Paris par Lord Derwent-Water en 1725. Merci les Anglais. Sait-on aussi que Louis XVI, Louis XVIII et Charles X furent eux-mêmes intronisés maçons de la Loge « Les trois frères » qui siégeait à Versailles ?

« L’ennemie sociale » se présente comme un essai ou un document historique se voulant exhaustif et présentant une analyse particulièrement précise de la situation de la maçonnerie à la fin du XIXème siècle. L’ouvrage comporte trois grandes parties (la maçonnerie en France, en Belgique et en Italie). L’auteur s’efface totalement en se contentant de citer textes et déclarations de divers Grands Maîtres, lesquels sont parfaitement clairs sur les buts réels de l’organisation transnationale. Il s’agit d’appliquer leur devise, « Liberté, Egalité, Fraternité » trois préceptes ambigus qu’il faut comprendre comme applicables aux seuls maçons et non aux opposants. En effet, l’enseignement maçonnique comporte une partie avouée, une partie avouable et une partie inavouable. C’est celle-ci que l’auteur parvient magistralement à débusquer. Cette organisation secrète veut en effet la destruction de toute religion par la corruption de la conscience, la destruction de toute autorité par la corruption de l’enseignement et la destruction de toute morale par la corruption de l’Etat. Un ouvrage majeur, somme indiscutable et un tantinet indigeste (vu l’accumulation de documents) qui permettra à son lecteur de faire des parallèles avec la situation actuelle et de comprendre d’où est partie et à quoi a abouti cette entreprise que certains qualifient de « satanique ».

3/5

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