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18/01/2018

Florence Nightingale (Cecil Woodham-Smith)

Florence Nightingale.jpgIssue d’une riche famille britannique, Florence Nightingale chercha dès son plus jeune âge à se dévouer pour les autres. Après des études d’infirmière, elle décida de se consacrer à ce métier. Elle y sacrifia même un amour de jeunesse. À cette époque (1845), les hôpitaux anglais étaient particulièrement sales et l'hygiène plus que déplorable. Florence visita des établissements en Allemagne et en France, ce qui lui donna des idées pour améliorer le sort des patients qui y rentraient plus souvent pour mourir que pour être soignés. Elle devint surintendante bénévole d’un hôpital londonien, y acquit une réputation d’organisatrice hors pair. Son dévouement était sans bornes. Les malades l’adoraient et elle pouvait disposer de nombreux appuis dans le monde politique. Mais là où elle put donner toute la mesure de son génie, ce fut au cours de la guerre de Crimée, dans une caserne-hôpital prêtée par les Turcs à Scutari. L’endroit était particulièrement insalubre. Les soldats blessés ou atteint de dysenterie ou de malaria tombaient comme des mouches. Pas de meubles, pas de nourriture, des soins discutables et pour couronner le tout, un égout bouché qui s’était répandu dans les caves ! Une tâche à la hauteur de cette femme exceptionnelle…

« Florence Nightingale » est une biographie particulièrement bien documentée sur la vie de celle qu’on pourrait appeler la sainte patronne des infirmières. Henri Dunant, le fondateur de la Croix Rouge l’admirait beaucoup. Il disait d’elle : « C’est l’exemple du travail accompli par Miss Nightingale en Crimée qui me donna l’idée d’aller en Italie pendant la guerre de 1859. » Il faut dire que le travail accompli était titanesque. Les infirmières de l’époque avaient la triste réputation d’être aussi peu farouches que portées sur la boisson. Elles ignoraient les règles d’hygiène les plus élémentaires. Florence Nightingale y mit le holà au point que des années plus tard, la réputation du métier était exactement l’inverse. Livre passionnant autant par le personnage hors norme que par sa vie qui se présente comme une suite d’aventures dépassant la fiction ou par le contexte historique troublé de l’époque. À la lecture de cet ouvrage très bien écrit et très agréable à lire, le lecteur pourra découvrir d’où est parti le service sanitaire des armées et apprécier le parcours accompli.

4/5

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16/01/2018

Comment vivre 365 jours par an (John A. Schindler)

Comment vivre 365 jours.jpgUne très importante partie de nos maux et même de nos maladies occasionnelles ou chroniques sont psycho-somatiques. Elles proviennent de nos émotions négatives comme l’anxiété, la peur, l’angoisse, la propension à ruminer ou à tout voir en noir. En effet, il n’est d’émotion sans manifestation physiologique. À cet égard, l’hypophyse ou glande pituitaire joue un rôle primordial dans ce phénomène par la variété des hormones qu’elle produit. Conséquence de cette importante découverte médicale : chacun d’entre nous a la possibilité en gérant convenablement ses émotions de se maintenir en bonne santé. Tel est le sujet du livre du Docteur John Schindler lequel ne se contente pas d’exposer de nombreux cas étayant sa thèse, mais de proposer des pistes de gestion émotive pour y parvenir.

« Comment vivre 365 jours par an » se présente comme un livre de vulgarisation médicale tout à fait intéressant. L’auteur expose un grand nombre de cas montrant, par exemple, que le rythme cardiaque peut s’accélérer jusqu’à 180 et même 220 pulsations/minutes ou plus sous l’effet de la colère et de s’y maintenir tant qu’elle n’est pas retombée. Il cite même le cas d’un physiologiste anglais, John Hunter, qui annonçait que le premier paltoquet venu qui le mettrait vraiment en colère le tuerait sur le coup, ce qui arriva peu après lors d’un congrès médical ! Le livre serait d’un intérêt relatif s’il en restait au constat sans donner de remèdes. Fort heureusement, l’ouvrage se termine par ces sept conseils judicieux :

— Apprécier les joies de la vie

— Ne jamais donner dans l’hypocondrie

— Aimer son travail

— Aimer les gens

— Prendre l’habitude de la bonne humeur

— Prendre les problèmes à bras le corps et les résoudre sans attendre ni ruminer

— Vivre et réussir le moment présent. Positiver.

Tout un programme ! Un livre utile et qui peut être bénéfique.

4,5/5

08:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2018

Mission au-delà du crépuscule (J. Bryan & P. Reed)

Mission au-delà du crépuscule.jpgLe 19 juin 1944, en pleine bataille du Pacifique, le vice-amiral américain Marc Mitscher lance une attaque massive de chasseurs-bombardiers contre la flotte japonaise. Une bataille aéronavale décisive s’engage alors. La 58ème Force US coule un porte-avions japonais ainsi que quatre pétroliers et endommage plusieurs autres navires. La riposte ne se fait pas attendre. L’ennemi déclenche un véritable tir de barrage en forme de mur de feu. Les quelques avions américains rescapés sont en piteux état et surtout presque à court de carburant. Et pourtant, il leur faut à tout prix regagner leurs porte-avions respectifs. Tous n’y parviennent pas. Une soixantaine est obligée d’amerrir. Les accidents se succèdent au moment de l’atterrissage sur les ponts. Au total, la Navy perdra 96 appareils et rien moins que 49 hommes.

« Mission au-delà du crépuscule » est le fidèle récit d’un épisode assez peu connu de la seconde guerre mondiale. Il est basé sur un ensemble de témoignages recueillis par les auteurs et sur les confidences des survivants de cet épisode dramatique. Tout est authentique, rien n’est romancé. « Aucun incident n’a été inventé, pas un mot n’a été attribué à un témoin sans son accord », dit la présentation. Le lecteur se rend compte qu’une fois encore la réalité dépasse largement la fiction. De telles narrations donnent une idée nettement plus juste de la terrible réalité de la guerre. Celle-ci est bien loin des épopées grandioses du cinéma américain. Un témoignage ancien (le livre a été publié pour la première fois dès 1945), mais toujours passionnant et utile à lire pour qui s’intéresse à l’Histoire de cette période.

4/5

08:51 Publié dans Histoire, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

13/01/2018

La nuit du Titanic (Walter Lord)

la nuit du Titanic.jpgLe 14 avril 1912 peu avant minuit, le Titanic, paquebot transatlantique de la compagnie britannique White Star Line, voit un iceberg se dresser sur sa route. Il tente de l’éviter alors qu’il est lancé à pleine vitesse. C’est à l’époque le plus luxueux et le plus grand paquebot jamais construit. Sa coque est pourvue de seize compartiments étanches servant à protéger le navire en cas de voies d’eau ou d’avaries importantes, ce qui lui donne la réputation de paquebot « insubmersible ». Très confiant, son capitaine, le plus ancien et le plus chevronné de la compagnie, donne l’ordre de virer mais ne peut éviter une collision par tribord. L’eau pénètre partout. Il faut organiser un sauvetage des passagers des plus chaotiques et des plus injustes. Le paquebot géant coule le 15 avril 1912 à 2 h 20 au large de Terre-Neuve. Plus de 1500 personnes disparaissent, ce qui fait de cet événement l’une des plus grandes catastrophes maritimes survenues en temps de paix. Le drame met en évidence les faiblesses du navire, le nombre limité de canots de sauvetage et les carences dans les procédures d’évacuation d’urgence.

« La nuit du Titanic » est la reconstitution dramatique et très précise d’un événement historique bien connu qui a fait couler beaucoup d’encre et suscité bien des remous dans l’opinion publique. Le lecteur apprend beaucoup de chose dans cette narration basée sur une documentation importante. Par exemple que les canots de sauvetage étant en nombre insuffisant, les passagers des classes inférieures furent sacrifiés. Pour preuve : sur les 143 passagers de première, on ne compta que 4 victimes. En troisième classe, 81 femmes sur 179 trouvèrent la mort. Tous les enfants de première et deuxième classe sauf un survécurent alors que sur 76 enfants des classes inférieures seuls 23 trouvèrent la mort. Ouvrage très bien écrit, bien mis en scène et très intéressant pour qui s’intéresse à l’histoire.

08:05 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

12/01/2018

Cette France qu'on oublie d'aimer (Andreï Makine)

cette france.jpgUne dalle usée par des générations et des générations de fidèles sur le seuil d’une petite église de Saintonge… Sur un monument aux morts de la guerre de 14, une inscription comportant plusieurs noms de la même famille… Des chevaliers sans peur et sans reproche qui, un jour, troquent leurs heaumes et leurs armures contre des perruques poudrées… Un hélicoptère qui patrouille dans le ciel d’une banlieue embrasée du côté d'Aulnay sous Bois… La gastronomie, plus la mode, plus l’impressionnisme, plus le french kiss, plus Chambord, plus Valmy, plus les grèves à répétition, plus… Est-ce bien ça la France ? Ou ce qu’en disait le très regretté Pierre Daninos : « Bon sens : exclusivité française, avec l’élégance, l’esprit, la galanterie et, d’une façon générale, le génie. »

« Cette France qu’on oublie d’aimer » est un ouvrage fort difficile à classer dans une catégorie. Ce n’est pas un essai, l’auteur est trop rêveur et trop poète pour s’être laissé emberlificoter dans des chiffres et des statistiques. Ce n’est pas non plus un pamphlet, Makine a trop d’empathie, d’amour et de douceur pour son pays d’accueil pour se laisser aller à des vitupérations de bateleur d’estrade. Non, avec intelligence et finesse, il s’interroge simplement sur ce que peut bien être (ou a bien pu être) l’esprit et le génie français. Comment un peuple aussi spirituel et intelligent a pu tomber aussi bas ? Comment a-t-il pu se laisser enfermer dans les rets vicieux du politiquement correct ? Comment a-t-il été assez lâche pour avoir laissé s’effriter sa liberté, sa laïcité, ses bonnes manières. La conclusion est sans appel. Il est temps de se ressaisir, de rappeler quelques vérités de bon sens à nos « élites » et à nos chers invités. Un texte court et magnifique d’autant plus convaincant qu’il ne provient pas d’un Français de souche lambda mais d’un immigré russe honnête et cultivé, une des meilleures plumes de notre littérature, excusez du peu !

4,5/5

andrei_makine.jpgCitations :

« Oui, des mots clairs pour dire qu’il ne peut y avoir qu’une seule communauté en France : la communauté nationale. Celle qui nous unit tous, sans distinction d’origine ou de race. »

« Des mots clairs pour parler de l’immigration qui pour la première fois dans l’histoire de ce pays devient un échec, après tant de vagues intégrées par la France pour son plus grand bien. »

« Dire aussi que dix millions de spectateurs collés à leur écran par une loft story est un déshonneur pour le pays de Voltaire. »

« Parler de la fameuse « discrimination positive », concept pernicieux qui trahit une attitude infantilisante et infériorisante envers le « discriminé ».

Parler de la responsabilité individuelle si facile à oublier dans « le modèle social français » fondé sur la « baraka » décidée par l’Etat-providence.

Expliquer que ce modèle a vécu, car il réunit dans son inefficacité les pires côtés du capitalisme spéculatif avec les pires tares du socialisme étatique : le mariage contre nature entre la flibuste économique au sommet et l’immobilisme corporatiste et bureaucratique à la base. »

« Leur faire comprendre que la saine alternance démocratique est devenue depuis longtemps, dans ce pays, une machine destructrice : pour des raisons de pure idéologie, la soi-disant gauche démolit ce que craintivement et honteusement essaye de replâtrer la soi-disant droite, tout cela sur les sables pouvants d’un flirt obscène avec les intérêts des groupes de pression. »

« Quarante ans après l’indépendance, nous ne produisons même pas un bic… Les peuples souffrent de l’insécurité alimentaire qui était moins grave même au temps colonial. »

(Joseph Ki-Zerbo)

« Comment donc, nous avons arrosé ces cités de milliards d’euros et elles n’en flambent que de plus belle ! Les Français qui découvrent (il était temps !) que toute une part de la population dite française les hait et les appelle (art de vivre oblige) « fromages » ! On les hait parce qu’ils sont blancs, vaguement chrétiens, censément riches. On les hait parce qu’on les sent affaiblis, incertains de leur identité, enclins à la perpétuelle autoflagellation. On hait leur république et on siffle son hymne national. On rejette la laïcité que les Français ont conquise dans d’âpres luttes. On se moque d’eux car n’est-ce pas comique d’accueillir dans sa patrie, nourrir, loger, soigner ceux qui vous haïssent et vous méprisent ?

La France est haïe, car les Français l’ont laissée se vider de sa substance, se transformer en un simple territoire de peuplement, en un petit bout d’Eurasie mondialisée. Ceux qui brûlent les écoles, qu’ont-ils pu apprendre de leurs professeurs sur la beauté, la force et la richesse de la francité ? »

 

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10/01/2018

Le monde en stop (Ludovic Hubler)

Le monde en stop.jpgLe 1er janvier 2003, fraîchement émoulu d’une école de commerce, Ludovic Hubler, 25 ans, décide de se lancer dans un tour du monde en auto-stop (et même en bateau-stop pour franchir mars et océans) au départ de Val d’Isère. Il prévoit d’y consacrer au maximum deux années. En réalité, il lui en faudra cinq pour boucler son incroyable périple. 170 000 kms seront parcourus. 59 pays seront traversés, les plus accueillants comme les plus dangereux, les plus ouverts à cette pratique comme les plus fermés. Il visitera tous les continents y compris l’Antarctique, traversera des déserts brûlants ou glacés et donnera des centaines de conférences un peu partout, mais principalement aux Etats-Unis où il séjournera une année entière. Ce tour du monde qui fait un peu l’impasse sur une grande partie de l’Afrique noire et sur l’immense fédération de Russie ne sera possible que grâce à l’amabilité de 1300 conducteurs de véhicules de tous pays (excepté la Corée du Nord), d'une dizaine de marins et de centaines d’hébergeurs trouvés le plus souvent sur deux sites internet (« Couchsurfing » et « HospitalityClub).

« Le monde en stop » est le récit de voyage en stop le plus extraordinaire que nous ayons lu depuis le fameux « La terre n’est qu’un seul pays » d’André Brugiroux. Il se présente sous la forme d’un pavé de 566 pages qui se lit comme un roman et qui aurait pu en comporter le triple sans aucun problème. Certains pays sont longuement décrits, d’autres trop vite survolés et là, le lecteur reste un peu sur sa faim. Que de choses on apprend en lisant cet ouvrage, que de clichés véhiculés par les médias toujours à l’affût du sensationnel ne doit-on pas corriger ! Un seul exemple : il est un pays où le culte de la personnalité est encore bien pire qu’en Corée du Nord, c’est le Turkménistan. Le saviez-vous ? En fin d’ouvrage, l’auteur mesure la chance qu’il a eu de rencontrer tant de bonnes personnes et d’échapper à la plupart des dangers (les FARC en Colombie, les Talibans en Afghanistan, les zones militaires interdites au Tibet ou de conflits dans de nombreux endroits, tous traversés sans incident majeur). Sans être obligé d’adhérer aux idées pour le moins utopiques de paix et de fraternité universelle, d’abolition des frontières et de globalisation heureuse prônées par l’auteur ni même à ses rêves d’universalisme et de syncrétisme religieux, le lecteur appréciera la plume alerte, le témoignage honnête et sincère et surtout le grand vent de liberté qui souffle dans ces pages magnifiques.

4,5/5

08:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

09/01/2018

J'ai servi le roi du Népal / Erika et le roi (Erika Kate Leuchtag)

Erika et le roi.jpgEn 1939, Erika Kate Leuchtag est une physiothérapeute allemande qui exerce son art en Inde auprès de malades plutôt illustres. Dix ans plus tard, elle est invitée à venir soigner l’une des deux reines du Népal, pays totalement fermé aux étrangers. Elle fait la connaissance du roi Tribhuvana qui lui semble très agréable mais également complètement oisif. Comme elle s’étonne qu’il semble n’avoir jamais rien à faire, il lui répond que depuis plus d’un siècle, la famille Rana a confisqué le pouvoir pour exercer une sorte de dictature complètement rétrograde. Lui souhaiterait pouvoir ouvrir son pays à la démocratie et à la modernité, mais il n’y arrivera pas sans aide. Ce sera l’occasion pour Erika de se trouver en position d’intermédiaire avec l’Inde et ainsi de jouer un rôle capital dans les destinées du Népal.

« J’ai servi le roi du Népal » est un témoignage historique tout à fait intéressant et singulier. En effet, il n’est pas commun de voir un roi, considéré par son peuple comme une réincarnation de Bouddha, être à l’origine d’une révolution et comploter contre son premier ministre, lequel n’est qu’un autocrate corrompu jusqu’à la moelle. Dans cet ouvrage bien écrit et agréable à lire, le lecteur apprendra nombre de choses sur la réalité d’un petit royaume fermé sur lui-même, longtemps interdit aux étrangers, un « dernier bastion du mystère » qui peu à peu et d’une façon totalement inattendue a pu sortir de son terrible isolement. Une page d’Histoire à découvrir.

4/5

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08/01/2018

Sans un sou en poche (Benjamin Lesage)

Sans un sou en poche.jpgA l’issue de ses études à La Haye dans le cadre d’Erasmus, Benjamin Lesage décide de partir sur les routes sans un sou en poche. Il est accompagné par un Italien, Nicola et un Allemand Raphaël, tous convaincus que l’on peut vivre sans argent dans un esprit de don et de partage. Ils traversent la France et l’Espagne en stop, se font offrir le passage vers le Maroc puis celui vers les îles Canaries où ils restent des semaines avant de trouver un skipper qui accepte de leur faire traverser l’Atlantique. Arrivés au Brésil, ils passeront par la Guyane, le Surinam, la Colombie, tous les pays d’Amérique Centrale et arriveront finalement au Mexique, but de leur périple toujours en faisant de l’autostop. Au total, 10 mois sur les routes, 24 000 km parcourus. 270 véhicules empruntés dont cinq bateaux. Des dizaines de nuit à la belle étoile, sur les trottoirs, chez les pompiers, dans les hôpitaux ou chez de rares particuliers bienveillants. Ils ont dépensé en tout moins de cent euros pour les visas, passeports et taxes. Une aventure hors du commun.

« Sans un sou en poche » se présente comme un récit de voyage tout à fait atypique. Quelle idée folle de vouloir voyager sans dépenser un sou ! Tous ceux qu’ils rencontrent sur leur chemin leur disent qu’ils sont fous. Mais eux veulent vivre fauchés pour vivre libre. Magnifique projet mais réalisation difficile. Benjamin se fera voler toutes ses affaires et tous ses papiers. Nicola partira assez vite. Raphaël sera rejoint par sa compagne. Benjamin verra la sienne le rejoindre en fin de parcours pour repartir rapidement. Il parcourra d’ailleurs seul et sur un vélo donné les derniers 1500 km avant Mexico. Un livre passionnant, bien écrit, qui se dévore et donne à réfléchir sur nos modes de vie et de consommation, ainsi que sur notre impact sur les ressources de notre planète.

4,5/5

08:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

06/01/2018

Saint Frédo (Alphonse Boudard)

Saint fredo.jpgAlfred Friteau, « Frédo » pour les intimes, est un truand à l’ancienne qui a connu les maisons de correction, les prisons centrales et même le bagne. Au total, environ 25 années derrière les barreaux. Il a partagé quelques-unes de ses galères pénitentiaires avec l’auteur. C’est la raison pour laquelle il reprend contact avec lui bien des années plus tard. Alphonse est un auteur connu. Il fréquente même le milieu du cinéma. Frédo lui, s’est trouvé un petit boulot d’éducateur à Rouen. Il se consacre à la réhabilitation de jeunes voyous. Un curé s’intéresse à lui. Il va même jusqu’à lui confier la direction d’un centre de réinsertion en région parisienne. Quelques personnages haut placés s’extasient sur une aussi extraordinaire reconversion. En réalité, Frédo n’en a pas complètement terminé avec tous ses vieux démons…

« Saint Frédo » se présente plus comme un roman social que comme un roman noir ou policier. Il se situe plutôt aux limites des trois genres. Le personnage haut en couleur de ce gangster d’un autre temps, celui des « vrais hommes » avec leur code d’honneur que Boudard relativise d’ailleurs, mérite à lui seul d’occuper toute l’intrigue. Tour à tour braqueur, perceur de coffre-forts, fourgue et proxénète, il profite de son retour à la liberté pour mettre les bouchées doubles autant sur la boisson que sur la nourriture ou les femmes. Un vrai jouisseur libidineux, ce faux « saint » ! Un régal que cet ouvrage autant pour le regard malicieux et plein d’humour que pour le style inimitable, truffé d’argot, d’images cocasses, de trouvailles lexicales d’un auteur comme on en fait plus.

4,5/5

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04/01/2018

En avant, calme et fou (Sylvain Tesson et Thomas Goisque)

En-avant-calme-et-fou_3398.jpgAvec quelques amis et l’aide de divers mécaniciens autochtones, Sylvain Tesson a parcouru la Chine, la Mongolie, le Népal, l’Inde, l’Asie du Sud-Est, les steppes et déserts africains ou d’Amérique du Sud sans oublier la Sibérie, le lac Baïkal gelé et bien d’autres lieux exotiques aussi sauvages qu’improbables. Ne pouvant être ni lansquenet, ni Robin des Bois, ni grognard de Napoléon et encore moins cavalier de Gengis Khan, il retrouve un peu de cet esprit de liberté en chevauchant des motocyclettes de diverses marques, comme des Moto-Guzzi, des Oural, des Royal-Enfield, des BMW et même des side-cars bricolés. Il en tire toute une esthétique de la bécane qu’il illustre de citations diverses et de réflexions plus ou moins philosophiques ou poétiques.

« En avant, calme et fou » est plus un album-photo à la gloire de l’aventure en deux ou trois roues qu’un véritable récit d’expéditions en forme de carnet de bord ou de compte-rendu. Sylvain Tesson, qui fut un de mes aventuriers préféré avec son comparse Alexandre Poussin, a un peu vieilli. Plus d’escalade, plus de trekking à pied, plus de VTT, mais des engins à moteur pétaradant et tombant plus d’une fois en panne et des caisses de vin de Bordeaux à l'étape. La part du lion est attribuée aux photos, fort belles et insolites d’ailleurs, de Thomas Goisque. On regrette que les commentaires soient si squelettiques et si peu précis. Tesson en reste à des notes prises à l’étape sans souci du contexte. Pour s’y retrouver ne reste au lecteur que la table des illustrations en fin de volume qui seule précise le lieu, la date et l’engin piloté. On regrette un peu les vrais récits de voyages et d’aventures des débuts !

3/5

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