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13/02/2016

Fox-trot (Michel-Quint)

 

index.jpgParis 6 février 1934 : suite au scandale de l'affaire Stavisky, une manifestation organisée par les ligues tourne à l'émeute. La police et l'armée tirent sur la foule. Une quinzaine de morts et des centaines de blessés... Peu après, à Lille, la danseuse et trapéziste Lisa Kaiser, qui cherche un engagement dans un cabaret, s'installe dans l'hôtel de Lyon où une grande bourgeoise belge vient d'être retrouvée morte étouffée sous un oreiller. Charles Bertin, instituteur de la classe de fin d'études rencontre Nelly, jeune et charmante couturière peu farouche. Un receveur de tramway est assasiné par balles dans l'exercice de ses fonctions.

« Fox-trot » est un roman aux limites du sentimental, de l'historique et du policier. La liste importante de cadavres pourrait aussi le classer comme thriller, mais il n'en est rien. Le rythme narratif lent et très descriptif et la part belle donnée au social et au politique l'en éloigne définitivement. Le personnage de Charles, velléitaire mal à l'aise dans son rôle d'infiltré au sein d'une ligue, semble assez peu attachant alors que celui de Nelly, amante sincère, bafouée et rejetée, attire empathie et compassion. Dans un style assez particulier, Michel Quint s'affranchit quelquefois de la ponctuation ou des prépositions et parsème son discours de mots et d'expressions chtimis qui auraient pu être traduits en notes de bas de page. Au-delà d'une enquête policière qui semble tout à fait secondaire et d'histoires d'amours contrariées qui occupent une grande partie du récit, c'est le tableau historique magnifiquement rendu d'un Nord en pleine effervescence avec les troubles sociaux, la montée du fascisme, la mobilisation des gauches et toutes les prémices d'une guerre à venir qui semble le plus intéressant en dépit d'une présentation un tantinet manichéenne. Ainsi le lecteur en apprendra moins sur Stavisky que sur Roger Salengro, son suicide et ses funérailles nationales, lesquelles clôturent en apothéose un livre un peu ennuyeux.

3/5

 

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11/02/2016

Pisser dans un violon / Squeeze N°12 (Collectif)

index.jpgLes employés d'une société assistent à l'effondrement de la tour amiantée dans laquelle ils avaient longtemps travaillé... Deux chasseurs, braconniers et bouilleurs de cru, découvrent une très étrange prise en relevant un de leurs collets... Un couple croit avoir trouvé un violon rare et précieux. Pour en être sûrs, ils se livrent à un test des plus bizarres... Quand décoller du papier peint tourne au cauchemar et à l'histoire de fous... Tous les habitants d'un hameau sont retrouvés morts. Leur supposé gourou se serait immolé par le feu... Un golden boy commence sa journée d'une manière particulièrement saine et tonique...

« Pisser dans un violon » est un recueil de dix nouvelles rédigées par autant d'auteurs différents autour du thème de la vacuité, du futile voire de l'inutile proposé par la revue « Squeeze ». Comme presque toujours dans ce genre d'ouvrage, le lecteur y trouvera un peu de tout, du bon et du moins bon, de l'excellent et de l'abscons pour ne pas parler de verbiage ou de logorrhée. On ne s'intéressera donc qu'aux meilleurs textes : « Palimpseste » de Julien Boutreux pour son côté étrange et fantastique, « Gros gibier » d'Albino Franckie pour son ton picaresque et gouleyant et « Le meilleur » de Philippe Azar, peut-être la nouvelle la plus réussie de toutes. En effet, elle démarre sur un registre joyeux et guilleret et s'achève d'une manière tout à fait surprenante. Un accessit pour « Poète prend ton luth » de Georgie de Saint Maur pour avoir osé prendre le thème au pied de la lettre !

4/5

 

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09/02/2016

Guerres, pétrole et radicalisme (Marc Fromager)

index.jpgDans la fournaise des conflits au Moyen-Orient, les chrétiens se retrouvent pris dans un véritable étau qui risque de les broyer définitivement. De moins en moins nombreux suite aux persécutions, leur nombre se réduit comme peau de chagrin depuis l'arrivée de Daesch, l'Etat Islamique, qui n'envisage pour eux que deux solutions : la conversion à l'Islam whahabite ou la mort. Le résultat a été un véritable nettoyage religieux de la région de Mossoul, entre autres, avec la fuite de milliers de chrétiens au Kurdistan ou au Liban. Alors quel peut bien être leur avenir dans la région ? Et quelles conséquences pourrait avoir pour notre Occident déjà fortement islamisé une totale mainmise du fondamentalisme sur l'arc méditerranéen avec liaison directe entre tous les différents mouvements djihadistes d'Afrique noire (Boko Haram, Aqmi et autres) ? Les chrétiens d'Orient craignent que le même funeste sort soit également un jour le lot de leurs frères occidentaux...

« Guerres, pétrole et radicalisme » est un essai plein d'objectivité et de bienveillance sur une situation fort complexe vue de chez nous. Marc Fromager nous présente la réalité de l'implantation chrétienne dans les premiers siècles, l'arrivée de l'Islam et le progessif déclin des communautés. « Au fil des siècles, entre la tension permanente du statut discriminant de la dhimmitude et la violence ponctuelle des pogroms, la présence chrétienne se sera progressivement effondrée. », écrit-il. Effondrée au point de ne représenter aujourd'hui plus qu'une douzaine de millions d'âmes dont 8 millions de coptes égyptiens. 4% de la population du Moyen-Orient, une toute petite minorité. Puis, il nous explique les causes nombreuses des conflits (rivalités ancestrales entre sunnites et chiites, radicalisation de l'Islam, responsabilité de l'Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie, implantation des gazoducs, printemps arabes et implication des Etats-Unis et de ses alliés, stratégie du chaos, le fameux « diviser pour régner »). Il termine par quelques raisons d'espérer, de toutes petites lueurs au fond d'un tunnel très noir qui sont cependant bien agréables à découvrir. Le pire n'est jamais certain, dit-on. Un excellent ouvrage, sérieux et parfaitement documenté, à conseiller à qui cherche à décrypter les évènements inquiétants du Moyen-Orient.

5/5

 

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07/02/2016

Les aventures de Pomme (Elisia Blade)

index.jpgPomme est une jeune femme très douée pour systématiquement tout faire foirer dans sa vie. Son prénom, mignon pour une gamine de quatre ans, est devenu complètement ridicule. Son petit copain Ange-Henri l'a trompée avec sa meilleure amie. Pomme travaille dans une usine de pâté pour chiens et s'est retrouvée à la rue quand elle a découvert son infortune. Ses modestes revenus ne lui permettant pas de postuler pour une location individuelle à Paris, elle se met en recherche d'une place en colocation...

Proposé en lecture libre par Nisha Editions, ce petit roman sentimental à visées humoristiques est le fruit du travail de huit auteures (Emma Loiseau, Dyna Avril, Elisia Blade, Lanabellia, Lou Duval, Rachel, Twiny B et Zoé Lenoir) qui ont pris chacune en charge un ou plusieurs des courts chapitres d'abord parus sur Facebook. Le lecteur passe de l'un à l'autre sans problème et sans impression de rupture sans doute en raison d'une unité de ton et de style assez surprenante. Peut-être cela vient-il du langage parlé et sans grande recherche qui est utilisé par toutes ? Malgré son ton décalé et son parti pris d'auto-dérision, l'intrigue est assez peu originale. Le lecteur notera avec plaisir les allusions ou clins d'oeil à des contes comme Barbe-Bleue ou à des histoires enfantines comme celle de la Princesse et du crapaud qu'un baiser transforme en joli prince. Au total, un petit divertissement sans prétention. A notre sinistre époque, pourquoi s'en priver ?

3/5

 

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06/02/2016

Folies (Collectif du Fou)

index.jpgA bord du vaisseau spatial « Albert Schweitzer », le docteur Ariel Davos prodigue ses soins au lieutenant Denis Stratas, rescapé de la collision du « Robert Heinlein » avec un météorite. Pour Davos, c'est un cas typique de Syndrôme Hallucinatoire du Voyageur Spatial (SHVS)... Le capitaine Akatz doit aller remettre de l'ordre dans la station spatiale Werlacht. Les agentes qui l'ont précédée ne donnent plus aucune nouvelle...Une habitante de l'immeuble où Paulo Rigatoni est gardien a perdu sa chatte et, à la place, a retrouvé chez elle un pigeon... Femme à personnalités multiples, Kalista peut aussi bien être La Révoltée que l'Ensorceleuse ou simplement l'Actrice... Le roi Aetherlon qui a tout conquis, qui a volé de victoires en victoires et qui est beau, riche et puissant s'enfonce dans une terrible mélancolie. Il est seul, veuf et n'a plus de goût à rien... Le plus séduisant des hommes épouse la plus laide des demoiselles...

« Folies » est un recueil de onze nouvelles sur le thème éponyme, autant dire que la plus grande latitude était laissée à l'imagination des onze écrivains impliqués. Avec quatre textes en relevant, la part belle est donnée à la science-fiction. Le lecteur trouvera également un peu de fantaisie, de fantastique, d'épouvante, de symbolique (trois textes sur les cartes, les échecs et les tarots, pas très convaincants d'ailleurs) et un texte inclassable, le meilleur des onze, un vrai petit bijou d'originalité et d'intelligence, intitulé « L'enchantement de l'e-book » de Bernard Afflatet. Une mention spéciale pour « Moreau » de Xian Moriarty, excellente nouvelle d'horreur et d'épouvante, gore à souhait. Une autre pour « L'abdication du roi Aetherlon » d'Ivan B. Novitchkov, petit chef d'oeuvre d'humour noir. Rien que pour ces trois textes, il faut lire « Folies ».

4/5

 

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04/02/2016

La Fosse aux loups (Bertrand Carette)

index.jpgDans la Brenne, territoire marécageux du Berry, la belle, libre et séduisante Virginie se consacre à plein temps à son élevage de chevaux de courses. Célibataire endurcie, elle vit sur sa grande propriété, « la Fosse aux louves » avec Hélène, sa mère et ses deux filles et ne laisse rien à espérer à Alexandre, son ami voisin et amouroux platonique de toujours. Fin cavalier, le pianiste de renommée mondiale Tristan de l'Escuyer est un passionné de dressage alors que sa fille Elise, amie et voisine l'été, préfère nettement le saut d'obstacles. Paresseux et alcoolique, Antoine Vauriacourt tire le diable par la queue sur sa petite propriété qui lui semble ridicule par rapport aux 500 hectares de celle de Virginie. Il n'en faut pas plus pour exacerber sa jalousie, son envie et sa haine...

« La fosse aux louves » se classe naturellement dans la catégorie des romans de terroir ne serait-ce que par son enracinement dans la campagne berrichonne, par son cadre équestre (le lecteur apprendra certaines choses sur le dressage en douceur, le fameux murmure à l'oreille des chevaux) et par les problèmes de gestion des petites ou grandes exploitations agricoles. Mais il peut également relever du roman noir, social et même naturaliste avec son intrigue magnifiquement bâtie autour d'une sombre affaire d'héritage avec passions exacerbées, secrets de famille et machination bien crapuleuse. Dans cette campagne profonde, les haines fermentent, les passions rancissent, les amours déçues se transforment en haines mortelles. Tout cela est magnifiquement décrit. L'auteur ne tombe jamais ni dans le pathos, ni dans le manichéisme, ni dans le convenu. Il sait dépeindre avec une grande finesse psychologique des caractères tranchés et souvent ambigus. Sa plume est si alerte, son style si fluide, son histoire si prenante et ses personnages (surtout les femmes bien entendu) si attachants que le lecteur a dévoré l'ouvrage d'une traite et n'a pas pu aller se coucher avant de savoir le fin mot (très surprenant) de cette lamentable histoire. Excellent. A conseiller fortement aux amateurs (trices) du genre.

4,5/5

 

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03/02/2016

Calvaire à Plougastel (Serge Le Gall)

index.jpgNon loin de Plougastel, Geneviève, fraîche jeune fille se promenant à vélo au bord d'une falaise, est retrouvée morte sur une plage. Dès le lendemain, René, repris de justice un peu simple d'esprit est arrêté. Des pêcheurs l'ont vu trainer à côté du cadavre. Déclaré coupable du meurtre, il purgera une longue peine de prison en dépit de toutes ses protestations d'innocence. Quelques années plus tard, un homme est découvert dans son lit, embroché par la bouche avec une tige métallique de brochette. Quelqu'un lui a attaché une photo de calvaire breton à même la peau avec une épingle de nourrice...

« Calvaire à Plougastel » est un thriller à la française avec son lot de meurtres tous plus répugnants les uns que les autres. Le roman démarre plutôt lentement puis l'horreur monte crescendo assez progressivement pour finir en apothéose dans un dénouement aussi surprenant que réussi. Au niveau intrigue, c'est drôlement bien ficelé, chapeau l'artiste ! Pour le style, le lecteur sera un peu plus réservé. Quelques coquilles et lourdeurs peuvent aisément agacer. De nombreuses répétitions, rappels des épisodes précédents et descriptions inutiles (listes de courses, menu des repas, etc...) ralentissent parfois le rythme et font retomber l'intérêt. Une narration un peu plus ramassée, un peu plus « close to the bone », aurait fait gagner de l'efficacité à cet ouvrage tout à fait honnête et divertissant et l'aurait peut-être propulsé dans la catégorie « chefs d’œuvre ».

3,5/5

 

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02/02/2016

Les mondes oubliés / L'enfant des étoiles (Corinne de Vailly)

index.jpgMathilde et Arnaud Langevin ont découvert Emrys, un jeune garçon étendu à même la rue, inconscient et à demi mort de froid. Après un court séjour à l'hôpital, Emrys est recueilli par les Langevin qui obtiennent des services sociaux le droit de l'héberger en attendant qu'une place en foyer d'accueil lui soit attribuée. Matteo et Alixe se réjouissent de l'arrivée dans leur famille de ce beau garçon qui, plus qu'un ami, deviendra vite une sorte de frère aîné alors qu'il est plus jeune. En effet, Emrys est un étrange adolescent particulièrement doué dans toutes sortes de domaines. Il peut courir à une vitesse incroyable, lire dans les pensées des gens, parler plusieurs langues étrangères et se permettre des démonstrations mathématiques magistrales. Mais qui est-il vraiment ? D'où vient-il ? Quel est son destin ?

« L'enfant des étoiles » est le premier tome de la saga de fantaisie contemporaine « Les mondes oubliés ». Plutôt destiné au public adolescent, ce roman peut être lu sans problème par des adultes. Rien n'y est simpliste, ni niais, ni binaire. Au contraire, le lecteur y découvrira toutes sortes de choses sur les fameux « mondes perdus », le Gondwana, l'Aggartha, le continent de Mu, l'Atlantide, Shamballa etc..., autant de mythes, légendes et autres théories assez peu établies scientifiquement mais si étranges... Il sourira de découvrir quelle utilité l'auteure propose d'attribuer aux menhirs et dolmens et quel peuple a vraiment peint les fresques rupestres des cavernes préhistoriques... L'intrigue est intéressante et bien menée mais elle laisse sur sa faim vu que l'histoire n'est pas complète. Il faut quitter le livre au pire moment, sur un point d'orgue de suspens, en se demandant ce qui va bien pouvoir arriver aux pauvres parents. On comprend qu'il s'agit d'un truc pour rendre le lecteur accro à une série qui s'annonce passionnante !

4/5

 

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31/01/2016

Les enfants du dôme (Chris Mallory)

index.jpgJosh, 24 ans, travaille sur un programme spatial de colonisation de la planète rouge. Avec un petit groupe humain très organisé sous la houlette d'une IA bienveillante appelée « Mère », il vit à l'intérieur d'un dôme, sorte d'oasis artificielle isolant ses occupants d'une terre devenue invivable suite à sa collision avec deux astéroïdes 90 ans plus tôt. Josh est tombé virtuellement amoureux d'Isabel, une charmante blonde de son âge. L'ennui, c'est que celle-ci réside dans un autre dôme où Josh n'a pas le droit de se rendre et que les deux amoureux n'ont que fort peu de chances de se retrouver dans le cadre des expéditions prévues sur Mars...

« Les enfants du dôme » est une longue nouvelle (117 pages) ou une novella de science-fiction post-apocalyptique qui traite de la survie en milieu hostile, du clonage, des matrices et intelligences artificielles et surtout du totalitarisme poussé au paroxysme par un haut niveau de technologie et de manipulation des masses. L'intrigue, qui aurait pu être passionnante, laisse le lecteur un peu sur sa faim malgré tout. Une telle histoire, assez bien menée d'ailleurs, aurait mérité un plus ample développement ce qui aurait peut-être évité une impression d'à peu près et parfois de manque de vraisemblance. Les personnages sont intéressants et presque attachants s'ils avaient bénéficié d'un peu plus d'épaisseur. Le style, fluide et agréable à lire, aurait pu être un peu plus travaillé. Quelques coquilles, phrases mal bâties, répétitions et autres lourdeurs l'entachent de-ci de-là. Petit détail à noter au passage : les sportifs pratiquent toujours leurs exercices d'étirement après l'effort physique. Avant, ils font des échauffements...

3/5

 

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29/01/2016

Rêver 2074 (Collectif)

index.jpgLa femme du milliardaire russe Oleg Sarenko est enlevée en plein jour sous les yeux de son mari. Paul, le chef des ravisseurs, exige d'Oleg une bien étrange rançon... Noriko, viticultrice de renom, fait les honneurs de son domaine à Mathis Bremer lequel n'est venu que pour la préparer à passer la main... Un célèbre joaillier de la place Vendôme rappelle à son fils les origines de la saga familiale : la chute d'une météorite au fin fond de la Russie... Un grand couturier expérimente un tissu capable de révéler, en changeant de couleur, les émotions de celui qui le porte... Tado façonne un cuir synthétique monoforme semblable à du verre lorsqu'il est en fusion et souple comme de la peau une fois refroidi... Lorsque les chimères de Surya da Matha se décident à muer, elles libèrent des peaux si précieuses que certains sont prêts à tout pour s'en emparer...

Œuvre collective conçue pour fêter les soixante années d'existence du Comité Colbert (lequel représente 78 maisons de luxe et 14 institutions culturelles), « Rêver 2074 » est un recueil atypique rassemblant six nouvelles assez longues (plutôt des novellas), un intermède musical proposé par Roque Rivas, un amusant lexique d'Alain Rey et quelques articles d'introduction et de conclusion. Le thème général proposé aux six auteurs d'anticipation et de science-fiction était le luxe dans un avenir plus ou moins lointain. Le contrat a été parfaitement rempli. Tous ses secteurs, joaillerie, maroquinerie, viticulture, haute couture, ont été représentés, imaginés, rêvés et surtout magnifiés. Bien qu'écrites par des auteurs différents, les six histoires gardent une certaine unité sans doute grâce aux appareils ou nouveautés techniques (I.A, émotissus, drônes, nautys etc...) que le lecteur retrouve un peu partout. Un grand bravo à Xavier Mauméjean pour « L'arbre de porphyre », véritable conte philosophique et à Joëlle Wintrebert pour « Le don des chimères », très beau roman de format court. Un mot sur les étranges néologismes plus ou moins heureux d'Alain Rey qui a sans doute profité de la circonstance pour s'offrir une petite récréation. Que penser en effet de « calliphore » bricolé du grec (porteur de beauté) ou des mots valises comme « imagique », « instéternel », « intiplanétaire » ou « proximondial » qui confinent à l'oxymore ?

3,5/5

 

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