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28/01/2016

Cités-bulles (Collectif)

index.jpgDans une aéroville en orbite au-dessus de Vénus en pleine terra-formation, des humains tentent de parvenir à percer les secrets de l'immortalité à l'occasion des funérailles de l'une des leurs... Un homme en manque d'oxygène suffoque dans le métro. Il espère pouvoir se réapprovisionner à un distributeur automatique... Pour aider à maintenir en orbite son aéroglobe, Aldo doit jouer de la guitare électrique non stop jusqu'à s'en user les doigts sur les cordes... Dans un lointain système stellaire, la capitaine Akatz Ielena pourchasse la criminelle Julie l'Enclume jusqu'à l'intérieur de la cité-bulle de Vagalion... Dans la bulle Celovek 6, Loram et Zek subissent une ambiance des plus totalitaires. Le moindre souvenir de leur passé terrestre doit être soigneusement effacé... La jeune Niobé se fait embaucher pour une mission dans une bulle liquide cachée sous des épaisseurs de glace... Un frère qui a lu d'étranges choses dans un livre secret veut entrainer sa sœur en dehors de leur cité-monde...

« Cités-bulles » est un recueil de 7 nouvelles de science-fiction de facture relativement classique toutes sur le thème de la bulle, du dôme, de mondes clos, sur la lune, Vénus ou autre. C'est à peu près le seul point commun que l'on puisse trouver entre ces textes tous différents autant par le style que par l'inspiration. Comme souvent dans ce genre d'ouvrages, le lecteur trouvera de l'excellent, du bon et du moyen. Il jettera un voile pudique sur ce qu'il trouvera de trop onirique ou de trop abscons à son goût et s'intéressera surtout aux trois meilleurs textes : « Bulles de bonheur » de Bénédicte Taffin pour son originalité, « Sous les glaces d'Europa » d'Anaïs la Porte pour son étrangeté et surtout, last but not least, l'excellente nouvelle « Nova-Mir » d'Ivan B. Novitchkov qui, à elle seule, mérite le détour pour son ambiance glauque, oppressante et pour sa vision singulière d'un meilleur des mondes totalitaires et monstrueux qui fait froid dans le dos. Au bout du compte, un ouvrage à conseiller ne serait-ce que pour ces trois magnifiques textes !

4/5

 

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27/01/2016

Vivre sans argent (Benjamin Lesage)

vivre sans argent.jpgÉtudiant fêtard et un peu paumé, Benjamin trouve de moins en moins d'intérêt à la vie futile qu'il mène et redoute l'avenir rangé et conforme qui se profile. En compagnie de deux amis, il décide d'entreprendre un voyage autour du monde avec empreinte écologique minimum. Un aller-retour New-York en avion usant autant de carbone qu'un Européen pendant six mois, il opte pour l'auto-stop et le bateau-stop. Pour se nourrir, ce sera la récup' (fins de marché, poubelles, dons de commerçants...) et pour dormir, l'hébergement chez l'habitant hospitalier ou à la belle étoile. Seules concessions à la modernité, il se munit d'un filtre à eau et d'un sac à dos solaire pour pouvoir recharger ses appareils électroniques. Mais, quand au Brésil un routier lui vole son sac à dos, Benjamin devient tout à fait ce qu'il prétendait être : un voyageur sans le sou...

« Vivre sans argent » est le sympathique témoignage de cinq années passées sans utiliser d'argent d'abord à voyager des Pays-Bas au Maroc puis du Brésil au Mexique et finalement aux États-Unis avec retour par l'Allemagne. Pour s'apercevoir qu'il est plus facile de vivre ainsi qu'en étant sédentaire. Benjamin fait partager avec une grande honnêteté intellectuelle ses découvertes et ses doutes. Il s'agit de faire confiance et même de croire à la bonté des gens, à leur empathie. « Si tu souris au monde, le monde te sourira en retour. » Mais d'un autre côté, donner, c'est aussi manifester sa supériorité. Et accepter sans rendre, c'est se subordonner. Le lecteur trouvera dans ce petit livre (135 pages) en accès gratuit de quoi réfléchir sur nos sociétés de gaspillage et d'épuisement de la ressource naturelle et comprendra qu'on ne peut en aucun cas être bien avec soi-même dans l'incohérence. Mais l'utopie finit par trouver ses limites. Après cette expérience radicale de 5 années, Benjamin, qui aujourd'hui a charge d'âme et ne vit plus totalement sans argent, s'est lancé un nouveau défi : créer un éco-village dans le Béarn. Un livre agréable à lire (malgré quantité de coquilles et fautes en tous genres), optimiste et roboratif qu'il faut conseiller à tous ceux qui se posent des questions et/ou veulent vivre autrement.

4/5

 

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26/01/2016

Marée noire au sommet (Céline Santran)

marée noire.jpgMarco, petit délinquant minable, a purgé sa peine. A sa sortie de prison, il se met à sillonner le Béarn avec sa mobylette bleue baptisée « Love me tender » pour visiter châteaux et sites touristiques de la région. Il assure une mission pour le compte d'un compagnon de cellule, truand notoire. Adrien Larchet, flic maladroit et malchanceux, va à l'hôpital de Pau rendre visite à Anna, victime de violences conjugales...

« Marée noire au sommet » se présente sous la forme d'un roman policier de format court (115 pages) avec contexte béarnais et décor montagnard en prime. Au départ, truculente et picaresque, son intrigue démarre avec légèreté et même avec un certain humour pour s'achever dans un sombre drame juste à la dernière page. En réalité, le lecteur se retrouve confronté à deux affaires parallèles et indépendantes l'une de l'autre relevant de deux genres différents, le polar à la française style vaguement San-Antonio et le thriller à l'américaine avec son monstrueux serial killer des cimes aux méthodes plus qu'improbables. L'ennui c'est que ce cocktail étrange a un goût de trop peu en ce qui concerne le thriller. Mal étayé, mal étoffé, insuffisamment développé, fin abrupte et décevante d'un côté. Bras cassés, marmots braillards, branquignols et rigolade sur l'autre versant, si réussi d'ailleurs que le lecteur se demande pourquoi toute la novella n'est pas restée centrée sur ce thème. A vouloir courir deux lièvres à la fois...

3/5

 

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24/01/2016

Perversions (Bernard Coat)

index.jpgAvocate au barreau de Paris, Mia Cruz a l'impression désagréable d'être suivie par un inconnu jusqu'aux abords du palais de Justice où elle va plaider. Elle doit bientôt défendre Irène Joubert, une femme qui a porté plainte pour viol avec menace d'une arme blanche. L'ennui c'est qu'au moment des faits, elle ne portait pas de culotte et donc qu'elle risque de ne pas être tellement crédible pour le jury.

« Perversions » est un roman à la limite du thriller et du roman noir. Sur le thème du viol et du harcèlement des femmes, l'intrigue démarre lentement, s'attarde sur diverses affaires qui ne trouvent pas toujours un dénouement acceptable. Par de petits détails de plus en plus inquiétants, l'héroïne se retrouve placée à son tour dans le rôle de la victime. C'est insidieux et assez long à monter en puissance mais la fin des plus surprenantes rachète l'ensemble. L'écriture est de bonne qualité malgré quelques coquilles et un certain manque d'imagination dans l'attribution des noms de personnages (Houellebecq, Bulgari, Jospin, Renoir...), à moins que ce soit des clins d'oeil.

3,5/5

 

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22/01/2016

Bleu de fosse (Thierry Desaules)

bleu de fosse.jpgCopropriétaire d'une boutique de chaussures de sport et écrivain à succès, Thomas, 37 ans, s'il a réussi professionnellement, n'a toujours pas trouvé l'âme sœur ou plutôt « l'âme frère ». Un soir, il invite chez lui Bassem, jeune homo franco-libanais, beau comme un dieu, qu'il a déniché sur Internet. De 15 ans plus jeune que lui, Bassem qui doit se prostituer pour pouvoir financer ses études de génie civil, promet à Thomas de lui accorder un statut privilégié par rapport à ses autres clients...

En raison de l'implication particulière de Thomas et surtout de sa chute mélodramatique, « Bleu de fosse » se présente comme un roman sentimental teinté d'une bonne dose d'érotisme gay plutôt corsé. Le lecteur ne peut s'empêcher de voir dans cette intrigue une sorte de « Love Story » version homo. Les scènes les plus torrides étant plus suggérées que minutieusement décrites, l'auteur arrive à plus ou moins éviter le piège de la porno de bas étage si monotone et si lassante. Avec leurs faiblesses, leurs blessures et leurs fêlures, les deux personnages ne peuvent pas laisser indifférents. Le style de belle qualité permet une lecture rapide et agréable. Thierry Desaules dispose d'une plume élégante qu'il a su mettre au service d'une banale histoire d'amour qui sent bien son vécu et, au bout du compte, qui parle malgré tout à chacun au delà de son orientation sexuelle.

4/5

 

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20/01/2016

Le Mammouth m'a tuer (Préface)

09:03 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/01/2016

Contes (Maurice Leblanc)

 

index.pngLors de son passage en conseil de révision, Charles Ramel a la mauvaise surprise de se retrouver dans le plus simple appareil face à Paul Brancourt, l'amant de sa femme... François Herledent est un personnage falot, transparent qui n'intéresse personne et qui se voit comme un objet inutile et sans valeur. Devenu veuf, il se retire à la campagne où il n'est toujours rien... L'abbé Gallois dépose régulièrement de l'argent à la banque et en retire autant dans les semaines et les mois qui suivent... Deux vieux garçons, Auguste et Joseph Jumelin vivent sous le même toit. Gros et gras, Auguste est actif et travailleur. Sec et maigre, Joseph reste à la maison pour tenir le ménage. Le premier est libre penseur, le second catholique pratiquant... Un pauvre bougre de cambrioleur est surpris en flagrant délit dans un appartement dont le propriétaire vient de se suicider... Le poète Marescaux et le philosophe Chancerel n'ont pas obtenu le succès littéraire qu'ils espéraient. Ils sont amis et découvrent qu'ils aiment la même femme mais sous des aspects différents...

Ce recueil comporte 19 textes qui sont plus des nouvelles que des contes à proprement parler. Magnifiquement écrits, d'une concision et d'une efficacité remarquable, ils font penser immanquablement aux nouvelles de Guy de Maupassant tant la maîtrise stylistique et l'inspiration en sont proches. Même réalisme, même sens du détail révélateur et surtout même pessimisme sur la condition humaine. Là s'arrête la ressemblance car le lecteur trouvera un peu moins de fantastique chez Leblanc et nettement plus de policier. Plusieurs nouvelles traitent d'assassinats, de suicides et autres crimes de sang souvent étranges et surprenants, ce qui est tout à fait normal sous la plume du père d'Arsène Lupin. Ces textes publiés d'abord dans des journaux (entre 1892 et 1897) n'ont pas pris une ride. Encore aujourd'hui, on peut donc les lire avec grand plaisir.

4,5/5

 

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18/01/2016

Cinq nouvelles extraordinaires (Gustave Le Rouge)

nouvelles Le Rouge.jpgDans une taverne sombre, un homme en observe un autre qui a l'air particulièrement pitoyable. Mais plus il le regarde et plus cet individu lui semble familier... Le grand Répresseur Georgius préside à la mise au pas du peuple qui a eu le tort de se révolter. Avec lui, les pauvres vont être « définitivement humiliés, domestiqués pour des siècles »... A l'issue d'un repas bien arrosé, quelques notables évoquent de généreuses réformes susceptibles d'améliorer les conditions de vie du peuple. Un poète resté jusque là silencieux leur raconte une étrange légende normande... Deux marins rêvent à tout ce qu'ils pourront réaliser quand ils auront retrouvé l'or et les pierres précieuses cachés dans les flancs de l'épave du navire de Jules César coulé au large des côtes anglaises... Capturé par une tribu indienne, un explorateur est enfermé à l'intérieur d'une statue de pierre...

Ces « Cinq nouvelles extraordinaires » relèvent toutes de près ou de loin du genre fantastique et même de l'horreur avec un arrière-plan socio-politique affirmé pour au moins trois d'entre elles. Doté d'une plume de très belle qualité, Le Rouge sait en peu de pages dresser un décor, mettre en place des personnages et lancer une histoire qui bascule très vite du côté obscur. Emule de Jules Verne et de Paul d'Ivoi, ce prolifique auteur, malheureusement un peu oublié de nos jours, fut un des pères fondateurs de la science-fiction et du fantastique d'expression française et, à ce titre, inspira Blaise Cendrars. Le lecteur notera quelques erreurs ou approximations (en particulier dans la nouvelle sur les Aztèques) parfaitement excusables car dans l'esprit du temps. Ces textes qui n'ont pas pris la moindre ride peuvent parfaitement se lire encore aujourd’hui avec grand plaisir et même servir de référence à tous ceux qui veulent reprendre le flambeau de cette forme particulière de littérature.

4/5

 

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17/01/2016

Train (-train) quotidien / Chroniques ferroviaires (Claire Arnot)

index.jpg« Pendulaire » comme des millions de banlieusards, Claire Arnot habite en Ombrie et prend tous les matins le train pour Rome où elle enseigne au Lycée français. Elle profite de ces deux heures de temps « perdu » pour noter tout ce qu'elle observe. Avec son regard aigu mais compatissant, peu de choses lui échappe et Dieu sait s'il s'en passe dans les trains, les gares, les bus et le métro pour qui veut bien faire autre chose qu'y dormir !

Ces très courtes chroniques (chacune ne représente qu'environ une page) sont autant de petits tableaux précis et ciselés, autant d'instantanés de la vie de tous les jours qui sont assez dans l'esprit des poèmes en prose de Philippe Delerm mais en plus social et en moins superficiel. En effet, en peu de mots, Claire Arnot arrive à décrire ou à suggérer énormément de choses. Elle propose une série de portraits croqués sur le vif et pas piqués des vers comme celui de la pauvre Africaine avec son smartphone dernier cri empli d'applications bibliques, ou celui de la contrôleuse acariâtre surnommée « le Sanglier », sans parler du chanteur de reggae aveugle qui, « après avoir singé Bob Marley remballe son matos, garde ses lunettes noires et repart à vélo ». En un ou deux paragraphes, d'une plume aussi poétique que minimaliste, elle est capable de brosser de superbes descriptions de son cadre de vie comme dans « Toit mon toit » ou « Camping forcé ». Intéresser, amuser, émouvoir, tout à la fois, un vrai tour de force ! Mais le plaisir du lecteur ne s'arrête pas au seul côté anecdotique voire journalistique des textes. Il est renforcé par la qualité du style, le sens de la formule et les trouvailles souvent étonnantes. Quelques exemples : pour un clochard, « immondice du matin, chagrin... humain », pour un réfugié, « en règle ? Clandestin ? Quel destin ? », pour une cougar, « par derrière, lycée, par devant, musée », pour les mendiants qui chantent dans le métro, « les musi-chiens », et pour les touristes ramollis du bulbe, « Merci Ryanair ! Tourisme et culture low-cost... ». Au total, un pur régal ! Félicitations aux Editions du 38 pour ce petit bijou atypique.

5/5

 

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16/01/2016

Kafkadministration (Squeeze N°11 - Collectif)

index.jpgA Cochin, deux hommes font fonctionner une agence gouvernementale de voyages avec une régularité de métronomes jusqu'au jour où la nature vient perturber cette belle harmonie... Un chômeur qui déclare avoir juste besoin de pain, de vin, de Boursin « avec éventuellement des murs et un toit tout autour » est envoyé du bureau A (accueil) au bureau K (cas particulier) en passant par le bureau M (menteur), le bureau S (sanction) et quelques autres avant de se retrouver sur le toit de l'immeuble... Un homme attend patiemment son tour pour déposer une demande de permis de construire... Léa se retrouve enfermée dans les bureaux vides d'une administration car tout le personnel est parti pour un long week-end. Elle se croit seule mais ne l'est pas vraiment...

« Kafkadministration » est un recueil de onze textes courts ou de véritables nouvelles proposé en libre accès par la revue Squeeze. Comme presque toujours dans ce genre d'ouvrage, le bon côtoie le moyen et l'excellent voisine avec le passable. Le thème général, le monde démentiel et monstrueusement kafkaïen de l'administration, aurait pu prêter à l'humour, à la dérision et à l'ironie. Malheureusement, les auteurs ont préféré le drame, la folie et l'absurde avec toutes les nuances de leurs sensibilités respectives. Dans l'ensemble, l'ouvrage est assez agréable à lire. Plusieurs textes sortent nettement du lot « Chute libre » de Marlène Tissot, « Au-delà de la durée » de Claire Larquemain et le meilleur à mon sens « Le bureau des plaintes » d'Hugo Drillski. Une mention spéciale pour « Portes, monstres, Trésor Public » de Julien Boutreux : créatif, original et interactif. La nouvelle est ainsi conçue qu'elle peut se lire dans n'importe quel sens, en suivant ou non les repères des paragraphes. Le nec plus ultra de l'absurde en quelque sorte.

4/5

 

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