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19/12/2019

Franz (Christian Combaz)

franz-363954.jpgD’ascendance britannique, autrichienne et italienne, Franz Channing fait partie d’une famille tout à fait atypique. Son père, alcoolique, tire le diable par la queue, exerce mille métiers, tente des transactions risquées qui finissent mal le plus souvent. Sa mère devient fanatique d’une secte américaine. Sa sœur Annette se retrouve retenue en otage par la famille italienne pour obtenir le remboursement d’une somme détournée par son père. Et lui-même est une sorte de surdoué qui parle six langues, peint, sculpte, tire le portrait de nombre de gens mais surtout de Yoli, orpheline recueillie par un couple de Hongrois, qu’il connait depuis l’enfance et dont il est secrètement amoureux. Fan de deltaplane, Franz passe également son temps à prendre des photos de mains et à en tirer des prémonitions qui s’avèrent souvent exactes. Ses flashs lui permettant de prédire l’avenir intéressent de plus en plus de monde et même de beau monde, Franz en vient rapidement à sortir de la gêne et à voyager un peu partout dans le monde.

« Franz » se présente comme un roman classique où l’élément sentimental avec la romance sans issue vécue avec Yoli le dispute au volet social avec la dislocation progressive d’une famille partant à vau l’eau. Les personnages sont originaux mais pas tous sympathiques ou attachants. L’intrigue repose sur une suite de petits faits du quotidien, finement et même malicieusement observés. La narration classique mais très particulière de Combaz réussit le tour de force d’être à la fois minimale et allusive (des faits importants décrits en une phrase ou deux) et lente et sans rythme dans les descriptions des ressentis et autres états d’âme des uns et des autres. L’ensemble procure une lecture plutôt laborieuse. Le lecteur parvient péniblement au bout des 492 pages, bien triste que tout s’achève de cette façon pour Yoli et Franz, mais en se disant qu’une telle histoire aurait pu avantageusement être réduite à 180 voire 200 pages.

3/5

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14/12/2019

Le livre de la jungle politique (Morchoisne et Festjens)

Le livre de la jungle.jpgDans une jungle qui doit beaucoup à Rudyard et quelque peu à Walt, le lecteur a l’opportunité de rencontrer Mowgli (Macron), le « mou qui glisse sur les peaux de banane », Raksha (Brigitte), la mère louve sans qui « l’enfant sauvage n’aurait été qu’un singe savant », Bagheera (Philippe), la panthère noire à longues pattes qui passe son temps à avaler des couleuvres, Chiiiz (Lemaire), le ouistiti argenté toujours content, Rikiki-Ravi (Darmanin), la mangouste toujours satisfaite, Casta-Rama (Castaner), le buffle qui ne charge pas à la vue du chiffon rouge mais à celle du gilet jaune, sans oublier Shere Khonn (M. Le Pen), la tigresse blonde qui n’est « bonne qu’à rugir et à distribuer des coups de griffes », les trois vautours déplumés (Collomb, Juppé, Giscard), le hurleur roux (Mélenchon), si partageur qu’il « tient à ce que tous les fruits de la jungle soient répartis équitablement » à l’exception des siens… et quelques autres de plus ou moins grande importance ou dangerosité…

Recevoir ce « Livre de la jungle politique » fut pour moi comme un cadeau de Noël avant l’heure, comme un moment de récréation, comme un antidote décapant pour remédier aux tristes effets d’une époque aussi frileuse que morose. Quel plaisir, quel régal de lire ce bestiaire rassemblant rien moins que 48 caricatures d’hommes et femmes politiques de France et d’ailleurs (Merkel, Poutine et Trump ont aussi leurs pages), d’aujourd’hui et d’hier (De Gaulle, Chirac et Sarkozy n’échappent pas non plus traits de Morchoisne ). Le coup de crayon de ce dernier, sans doute le meilleur caricaturiste de sa génération, le Daumier du XXIème siècle, est incisif, ravageur et criant de réalisme. Il faut dire que l’animal n’en est pas à son premier coup de griffe. Combien d’albums d’anthologie n’a-t-il pas déjà signés ? « Portraits crachés », « Les gueules du siècle », « L’homme descend du singe », « Ces cabots qui nous dirigent » ou « Ces grosses bêtes qui nous gouvernent », pour n’en citer que quelques-uns. La plupart du temps avec les commentaires d’humoristes aux langues bien pendues comme le regretté Pierre Desproges ou Didier Porte. Son nouveau binôme pour les textes, Jean-Louis Festjens, réussit très bien à rester à la hauteur de ses prédécesseurs, avec un humour corrosif, toujours bon enfant, jamais méchant, usant et abusant de bons mots, calembours, jeux de mots et traits d’esprit de toutes sortes. Le lecteur éclate de rire quasiment à chaque ligne. Une totale réussite relevée par une édition de qualité, à tous points de vue, couleurs, typo, mise en page, papier, couverture. Ne ratez pas cette version désopilante du « Livre de la Jungle ». Elle est si drôle qu’elle devrait être prescrite par tous les médecins et même remboursée par la Sécurité sociale !

4,5/5

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09/12/2019

La muse dans le grenier (Didier Cornaille)

La muse dans le grenier.jpgLe temps d’un week-end, Marc, cadre parisien, retourne dans sa région d’origine pour y retrouver sa vieille mère, sa sœur et son beau-frère. Il a laissé derrière lui, à Paris, son épouse Florence ainsi que ses deux enfants. Pris dans les trombes d’eau d’un violent orage, il perd le contrôle de son véhicule qui se retrouve enlisé sur le bord de la route à moins d’un kilomètre de sa destination. Et c’est là qu’apparait Odile, une amie d’enfance qui a elle aussi mené sa vie dans la capitale, s’est mariée et a eu deux enfants. Devenue veuve, les gosses élevés, elle a laissé son boulot sans intérêt à la RATP pour revenir dans son village natal où elle pratique l’aide à la personne. Le mariage de Marc bat-il suffisamment de l’aile pour que quelque chose sorte de cette rencontre des plus inattendues ?

« La muse dans le grenier » est plus un roman sentimental qu’un véritable roman de terroir bien que l’exode rural, le retour à la terre et la désertification des campagnes restent des thèmes importants en toile de fond. L’auteur a cru bon d’épicer son intrigue, assez mince au demeurant, de vieilles rancœurs villageoises datant de la seconde guerre mondiale avec une histoire d’enfant juive cachée par les paysans et de dénonciation aussi crapuleuse qu’injuste datant de l’Epuration de 1945. Les personnages restent néanmoins passablement stéréotypés. Le style assez quelconque et parfois même un peu lourd ne rachète guère le manque d’intérêt de cette historiette décevante. En un mot, cet ouvrage qui est loin d’être le meilleur de Cornaille ne mérite guère le détour !

2,5/5

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04/12/2019

Révolte contre le monde moderne (Julius Evola)

révolte.jpgAlors que pour la plupart des historiens ou des politologues, la fracture entre l’ancien monde et le nouveau se situe à la Révolution Française, pour Julius Evola il faut remonter beaucoup plus loin, quasiment à la nuit des temps, quand le monde de la Tradition céda peu à peu la place à la modernité. Il faut aller jusqu’aux temps lointains de l’Egypte des Pharaons, de la Rome antique voire de l’Empire Inca pour retrouver trace de cette tradition primordiale. Dans ces mondes ignorant la modernité, toute la société était organisée autour du surnaturel, de la spiritualité dans une harmonie confondante. Le monarque, de quelque nature qu’il fût, se devait d’être un être supérieur, d’essence divine ou quasi divine. Sans discussion possible, il était le centre, l’âme agissante de son Etat et le père aimant et aimé de son peuple. Quiconque aurait voulu s’opposer à sa volonté se se serait retrouvé à aller contre la volonté de Dieu lui-même. Il se serait mis lui-même au ban de la société. Ainsi, à l’origine ou à la disparition de toute civilisation se trouve la présence ou l’absence du fait divin…

« Révolte contre le monde moderne » est un essai de philosophie politique basé à la fois sur l’Histoire telle que nous l’entendons et sur les mythes, légendes et autres hypothèses archéologiques ou non (Atlantide, règne des Titans, traditions nordiques, iraniennes, hindoues, etc.) Evola base sa théorie sur les quatre cycles de l’Humanité (or, argent, bronze et fer). Le premier serait celui de la divinité, celui du grand Monarque. Il aurait dégénéré en âge d’argent avec la prépondérance des guerriers avant de tomber dans celui du bronze le pouvoir passant entre les mains des bourgeois et des marchands. Depuis 1789 et surtout depuis la révolution russe de 1917, le fait spirituel aurait totalement disparu et le pouvoir serait tombé aux mains de la plèbe, de la caste la plus basse et la moins intelligente. Nous en serions au stade le plus bas de la décadence, à l’âge du fer, du Kali-Yuga. Pour aussi troublante qu’elle soit, cette théorie n’en demeure pas moins basée sur des prémisses discutables vu le peu de documents disponibles sur certaines époques. D’une lecture assez laborieuse, cet ouvrage important donne cependant énormément à réfléchir sur le fait que tout a sans doute toujours pas très bien fonctionné et que notre état de décadence semble déjà bien avancé !

3/5

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28/11/2019

Sur l'épaule d'un géant (Neil Christopher & Jim Nelson)

Sur l'épaule d'un géant.jpgIl y a très très longtemps, dans le grand Nord canadien, vivait un géant qui s’appelait Inukpak. Il était si grand qu’il pouvait franchir des distances considérables en quelques pas. Il pouvait traverser à pied les lacs les plus profonds. Il était capable de chasser des ours blancs géants ou des baleines sans aucune difficulté car jamais l’eau ne dépassait la hauteur de ses genoux, même quand il s’aventurait loin du rivage. Un jour, il rencontra un chasseur quelque part dans la toundra. Il le prit pour un enfant et le plaça sur son épaule. Terrifié, l’homme se laissa faire. L’ennui c’est qu’en un rien de temps, il se retrouva au bord de la mer bien loin de chez lui. Comme le géant voulait pêcher un chabot, petit poisson d’eau douce d’une dizaine de centimètres, il déposa le chasseur sur le rivage avant de s’avancer dans la mer et de ramener… une baleine !

« Sur l’épaule d’un géant » est une courte histoire inspirée d’un conte inuit qui s’adresse plutôt à un public de très jeunes enfants (3 à 6 ans) vu l’extrême simplicité de son intrigue. De tous temps et dans toutes les civilisations, les géants, les ogres ou les titans ont donné lieu à bien des contes et légendes. Celui-ci, bien que frais et charmant, est sans doute le moins sophistiqué de tous. Le travail d’édition reste de très belle qualité (reliure solide, papier glacé, jolies couleurs). L’un de ses principaux attraits vient sans doute aussi du graphisme précis et élégant de Jim Nelson qui apporte beaucoup dans la mesure où il permet à l’enfant de se faire une meilleure idée de l’échelle et des proportions du héros. Cette petite histoire est complétée en fin d’ouvrage par un à propos plus général sur les géants de l’Arctique qui ne manque ni d’humour ni de poésie.

3/5

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24/11/2019

Histoire de Skanderbeg (Camille Paganel)

Skanderbeg.jpgGeorge Castriote (1405-1468), surnommé par les Turcs « Scanderbeg » c’est-à-dire « Prince Alexandre » en référence à Alexandre le Grand, est le fils de Jean Castriote, notable albanais qui, au moment de la conquête de son pays par les Ottomans dut livrer en otage ses quatre fils qui furent aussitôt circoncis et élevés dans la religion musulmane. Le sultan Murad II, ayant remarqué les qualités guerrières de George lui confia bientôt une armée de 5000 cavaliers qui se couvrit de gloire. À la mort de son père et de ses trois frères, George ne pouvait espérer hériter de ses terres qui revenaient au Sultan. Alors il profita de la mobilisation des Hongrois, Polonais, Italiens, Allemands et Autrichiens contre la Sublime Porte pour changer de camp et se mettre au service de sa patrie, ce qui déclencha immédiatement un immense élan d’enthousiasme en Albanie. Enfin le pays occupé allait pouvoir tenter de se libérer du terrible joug ottoman. Scanderbeg récupère son fief et libère les principales places fortes turques. Aussitôt Murad organise la riposte. Il envoie un premier corps expéditionnaire pour reprendre l’Albanie et laver dans le sang l’affront subi. Ainsi débute une lutte interminable entre Turcs et Albanais qui se poursuivra avec encore plus de fureur sous le règne du fils de Murad, le cruel Muhammad.

« Histoire de Scanderbeg » est la biographie précise minutieuse et documentée du plus grand héros de la nation albanaise. Ce personnage extraordinaire de ténacité et de courage lutta pendant 24 années contre les invasions musulmanes répétées, toujours en infériorité numérique et même technique mais avec une fougue et une furie qui emportait tout sur son passage. Scanderbeg consacra toute sa vie à défendre son petit pays et à assumer quasiment seul le rôle de rempart de la Chrétienté contre la submersion ottomane. Le récit de la prise de Constantinople est un des moments forts de ce livre riche en description de batailles, embuscades et combats de toutes sortes. Hormis une aide limitée des Vénitiens et du roi de Navarre, Grecs et Albanais ne reçurent aucune aide des puissances occidentales. Bien que datant de 1855, cet ouvrage historique de belle qualité se lit facilement mais pas forcément agréablement. Les âmes sensibles devront s’abstenir, car les horreurs des guerres ne manquent pas. La barbarie turque exacerbée par ses échecs à répétition atteignit des sommets : empalement, dépeçage, décapitation systématique des prisonniers, sciage en deux de Chrétiens, à vif bien sûr. Terrible époque…

4/5

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21/11/2019

Considérations sur la nature de la Révolution (Jacques Mallet du Pan)

Considérations sur la nature de la révolution.jpgQuelques années après le début de la Révolution française, Jacques Mallet du Pan s’interroge sur ses tenants et aboutissants. Il ne lui est guère favorable. En effet, celle-ci s’est débarrassée de la royauté, s’est organisée en République, s’est emparée des biens du clergé et a commencé à exécuter tous ses opposants. La délation bat son plein. Pour un oui ou pour un non, tout le monde peut devenir suspect. La Terreur s’annonce déjà. Bientôt la Révolution dévorera ses propres enfants. Au niveau économique, rien ne va plus non plus. La Convention dépense sans compter. Elle répand une monnaie de singe appelée « assignats » qui achève de ruiner le pays. Et pour ne rien arranger, elle s’est mis en tête d’exporter la Révolution dans l’Europe entière…

« Considérations sur la nature de la révolution » est un essai de géopolitique qui, malgré sa langue datée (1793) mais toujours lisible, reste un document fort intéressant pour les historiens et pour les amateurs d’Histoire dans la mesure où il présente une analyse précise et assez objective de la réalité révolutionnaire. L’auteur reconnaît que malgré des oppositions populaires virulentes à Lyon, à Marseille, dans le Midi, en Bretagne et en Vendée, la Révolution se maintient solidement. Les armées coalisées qui se maintiennent aux frontières semblent incapables de l’emporter en dépit de leur supériorité numérique. Mallet du Plan termine d’ailleurs son ouvrage en listant les effectifs des différents corps d’armées en présence. Même à 400 000 contre 300 000, l’auteur reconnaît avec sagesse qu’on extirpe pas une idéologie uniquement par la force. À méditer.

3/5

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18/11/2019

Putsch (Laurent Vauclin)

Putsch.jpg« L’Histoire, ça se brusque ! », proclame fièrement le jeune Laurent Vauclin qui n’attend plus rien de dirigeants corrompus et tous plus néfastes pour l’avenir du pays les uns que les autres. Seul espoir, un coup d’Etat militaire mené par un ou plusieurs généraux refusant le sort que la République réserve à son armée : manque de considération, réduction drastique des moyens en hommes et matériel, missions plus ou moins discutables. Pour Vauclin, seule l’armée avec sa tradition d’honneur, de discipline et de loyauté est encore en mesure de sauver notre pays. Encore faudrait-il savoir ce qu’il adviendrait au lendemain de ce fameux et improbable « putsch ».

« Putsch » se présente comme un court essai, un appel au secours lancé aux militaires, en fait une sorte de bouteille lancée à la mer sans grande chance de réponse vu la réalité de la « Grande Muette ». N’en déplaise à l’auteur, son ouvrage est marqué du coin de l’improbable voire du dangereux car trop entaché de radicalisme voire d’extrémisme. L’Histoire de France avec les épisodes Napoléon Ier (un gros million de morts), Napoléon III (Sedan et une France à genoux en 1870), Boulanger (le comble du ridicule) et les généraux d’Alger (un quarteron de factieux dont on a vu les « brillants » résultats) ne va pas non plus dans le sens des rêves de l’auteur. À lire vite histoire de se rappeler que tout ce qui est excessif est insignifiant.

2,5/5

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14/11/2019

Compostelle, grand pèlerinage initiatique

Compostelle.jpgDu 17 juin au 24 juillet 2004, en 38 jours de marche, le Québécois André Deladurantaye a parcouru toute la partie espagnole du chemin de Saint Jacques de Compostelle (le « Camino Frances ») en compagnie de Sophie, une amie qui s’y retrouvait pour la seconde fois. Etape par étape, il décrit avec une grande précision l'ensemble de son parcours. Il illustre chacune de ses journées d’une « perle de sagesse » distillée par son mentor, Maître Hilarion, dont le lecteur ne sait trop si c’est son gourou qui communique par télépathie, son alter ego ou une voix intérieure qui tel Jiminy Criquet lui distille au compte-gouttes tout un enseignement ésotérique constitué d’une sorte de syncrétisme mystique mêlant christianisme, bouddhisme, hindouisme et autres concepts plus ou moins new age.

« Compostelle, grand pèlerinage initiatique » est donc tout à la fois un journal de bord, un guide technique pour le pèlerin et un ouvrage de spiritualité. Chaque étape est présentée avec une carte en noir et blanc, mais trop simplifiée pour être vraiment utile au marcheur et un profilé des dénivelés. Un DVD comportant des centaines de photos permet de mieux visualiser ce périple mythique de près de 800 kilomètres. On notera également la présence de diverses annexes comme les étapes du parcours, les époques et les styles architecturaux et surtout une liste très précise du matériel indispensable. La partie initiatique aborde tous les thèmes de méditation : gratitude, acceptation, endurance, engagement, dépouillement, confiance, austérité, discipline, concentration, simplicité, tempérance, tolérance, courage, foi, compassion, attention, vigilance, observation, etc. Le témoignage du pèlerin qui souffre en plaçant un pied douloureux devant l’autre kilomètre après kilomètre, subit les sanitaires douteux, les douches froides, les ronflements dans les dortoirs et les réveils bruyants à 5 heures du matin peut sembler plus intéressant à première vue. Les derniers cent kilomètres donnant droit à la fameuse « Compostella » (diplôme de pèlerin) et se prêtant à toutes les dérives et en particulier à des tricheries de toutes sortes sont fort bien décrits. On regrettera la qualité littéraire très faible de cet ouvrage et en particulier la présence d’une grande quantité de coquilles sans parler des faiblesses syntaxiques et grammaticales.

3/5

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11/11/2019

Histoire mystérieuse des Templiers (Laurent de Vargas)

Histoire des templiers.jpgAu Moyen Âge, l’ordre du Temple fut un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie dont les membres furent appelés les Templiers. Cet ordre fut créé à l’occasion du concile de Troyes, ouvert le 13 janvier 1129, à partir d’une milice appelée les « Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ». Il se consacra pendant les XIIe et XIIIe siècles à l’accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem. Il participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la Reconquête ibérique. Afin de mener à bien ses missions et notamment d’en assurer le financement, il constitua à travers l’Europe chrétienne, un réseau de monastères appelés commanderies grâce à une grande quantité de dons de toutes sortes. Cette activité soutenue en fit un interlocuteur financier privilégié des puissances de l’époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif, avec certains rois ou à avoir la garde des trésors royaux. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-d’Acre de 1291, l’ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. Il fut dissous par le pape Clément V le 13 mars 1312, à la suite d’un procès en hérésie. La fin tragique de l’ordre mena à nombre de spéculations et de légendes sur son compte.

« Histoire mystérieuse des Templiers » se présente comme un ouvrage de vulgarisation historique faisant la part belle à bien des hypothèses sur un pan de l’Histoire particulièrement propice à nombre d’élucubrations sans le moindre fondement. Laurent de Vargas pose les bonnes questions : « Les Templiers reniaient-ils vraiment le Christ ? Crachaient-ils sur la Croix ? S’adonnaient-ils à la sodomie ? Adoraient-ils le diable sous la forme d’une idole nommée « Baphomet » ? Étaient-ils devenus cathares ou mahométans ? Quand on sait que les aveux furent obtenus sous la torture et que de nombreux chevaliers revinrent sur ceux-ci, on peut en douter fortement. L’auteur reconnait lui-même l’absence de preuves, cela ne l’empêche pas d’évoquer les fantaisies d’un Gérard de Sède ou d’un Dan Brown avec entre autres l’histoire du Prieuré de Sion. Intéressant sans plus.

3/5

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